Reflexion sur les notions de patrimonialite litteraire et de transmission patrimoniale, notamment a travers l’analyse des relations entre œuvre source et adaptations.

par Claude Puidoyeux

Projet de thèse en Littératures française, francophone et comparées

Sous la direction de Brigitte Louichon.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités depuis le 14-11-2012 .


  • Résumé

    La patrimonialité d’une œuvre s’évalue aux signes de sa présence vivante dans la culture commune. Ces signes constituent ce par quoi l’œuvre existe pour le plus grand nombre, touche, fait signe et sens. En fondant l’étude sur un corpus d’œuvres issues du patrimoine littéraire européen, l’un des objectifs principaux de ce travail serait d’examiner la nature de ces signes et leur capacité à servir de référence commune, de liant social et culturel, voire de vecteur de communication, à l’intérieur mais aussi en dehors de la communauté des lettrés. Il s’agit de s’interroger sur ce qui s’est joué et se joue, sur ce qui s’est noué ou se noue dans la réception, passée et présente, entre des lectorats successifs et un texte littéraire pour que celui-ci devienne un « lieu commun » de connivence culturelle qui résiste au temps et aux modes ou qui accompagne, en s’adaptant, les évolutions historiques et idéologiques. Cette réflexion, qui s’appuie sur un corpus d’œuvres tirées de la littérature européenne, appelle un double approfondissement tout d’abord sur la question de la réception littéraire et ensuite sur les moyens de la transmission patrimoniale de la littérature. Comment une œuvre parvient-elle à créer et à maintenir le contact avec un lectorat étendu, voire avec un non-lectorat ? Comment envisager la patrimonialité littéraire ? Quel statut accorder aux objets discursifs secondaires générés par le texte source, notamment à ses adaptations intra et inter sémiotiques, souvent indispensables vecteurs de sa transmission ? Cette problématique amène à se demander comment peut s’effectuer aujourd’hui la transmission du littéraire alors que les textes du patrimoine commun s’avèrent d’un accès de plus en plus complexe pour les élèves et que les adaptations, nombreuses et variées avec le développement des techniques, se présentent sur des supports nouveaux, quelquefois déstabilisants et souvent peu ou mal maîtrisés par ceux-là mêmes qui sont censés veiller à la diffusion de la culture


  • Résumé

    The characteristics of the cultural heritage inherent in a piece of literary work can be appraised through the basic manifestation of its presence in the common culture. It is this manifestation that enables people to access literary work and find meaning. This study is based on a European literary corpus of literary works and its principal aim is to question the very nature of this manifestation by identifying on the one hand the elements of cultural heritage which emanate from the literary work within the corpus whilst on the other hand questioning the way in which such signs succeed in becoming social and cultural references to the extent that they can sometimes almost be considered a means of communication, in other words, a sort of code understood not only among well-read communities but also among less cultured people. Crucially, an understanding of the processes involved in the toeing and froing that has taken place from generation to generation between the literary text itself and the way in which it has been received by its readership is necessary to appreciate how the text becomes a part of the common cultural heritage by analysing how it has stood the test of time and how it adapts to historical and ideological evolutions. This question requires a two-fold study: first, the complex question of the reception process and then, the nature of how the cultural heritage of literature is transmitted. How does the cultural heritage of a literary work connect with its public, not only its readers but also with people who never or rarely read a book? What can we consider to be cultural heritage literature? What are its characteristics? What status can be attributed to secondary discursive objects, specifically the often indispensable vectors of transmission which are intra and inter semiotic adaptations generated by the source work? These questions all lead on to a final one which must be asked in the context of today’s modern technological world. How can literature be transmitted to pupils who seem to display more and more difficulty making sense of cultural heritage texts in the face of such texts being abundantly adapted and made available on a wide variety of multimedia supports taking into consideration the fact that these adaptations are at times destabilising and are often hardly controlled by those responsible for the diffusion of cultural heritage?