Le récit de meurtre en France (1870-1899)

par Mado Monnereau

Projet de thèse en Littératures française, francophone et comparées

Sous la direction de Philippe Baudorre.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités depuis le 20-09-2012 .


  • Résumé

    Derrière l’expression « récit de meurtre » se dissimule une hybridité romanesque propre à la fin du XIXe siècle. En prenant appui sur diverses formes de fiction du crime (des écrits naturalistes et décadents, des romans, des contes et nouvelles et des feuilletons), il conviendra de déterminer quelles en sont les caractéristiques narratives. L’analyse est au cœur du sujet : l’enquête judiciaire, le profilage d’une psychologie de l’assassin et les références historiques constituent autant de pistes présentes dans ce type de récit. Un nouveau type de criminel apparaît; le criminel élabore de nouvelles méthodes et évolue dans un univers moderne. Cette évolution est guidée par la nécessité de séduire un public plus vaste car l’écriture du crime suscite un véritable engouement. Si la presse transforme le journaliste en enquêteur, lui confiant la mission de tenir le lecteur informé des mystères urbains qui l’entourent, les romanciers sont amenés à puiser leur inspiration dans les récits d’enquête et les portraits criminels relayés par la presse. En outre, la notion de mystère est sous-jacente à celle de récit de meurtre dans la mesure où ces écrits cauchemardesques oscillent entre fantasme et réalité. Il s’agit ainsi de montrer que l’acte démesuré du meurtre recouvre la simple notion de thématique ; par son étude des déviances sociales, l’écrivain cherche à verbaliser des angoisses populaires. Plusieurs influences seront donc à prendre en compte : avec la perspective du changement de siècle, les récits sont affectés par la vague de pessimisme qui balaye l’Europe. Les débuts hésitants de la IIIe République, les Affaires et les attentats anarchistes marquent les esprits. L’objectif de cette thèse sera donc de définir ce qu’est le récit de meurtre à travers ses différentes formes, et son rôle médiatique.

  • Titre traduit

    The narrative of murder in France (1870-1899)


  • Résumé

    There is a novelistic hybridity of “the narrative of murder” conducive to the late of the 19th century. Rested on several forms of crime’s fictions (it refers to decadents and naturalists works, novels, short stories, serials), I should explain its narrative forms. Analysis is at the very heart of this matter: inquest, psychological profile of the murderer and historical references participate to these narratives. A new kind of murderer comes out; criminal uses new skills as he evolves in a modern world. This evolution is header by the need to reach a wide audience for murder’s writing arouses such keen interest. If the press tends to change the journalist into a detective, assigning him the mission to keep the reader informed about urban mysteries surrounding, novelists draw their inspiration from the narrative of criminal investigation and portraits of criminals reported by newspapers. Besides, the notion of mystery is related to the one of murder’s narrative in so far these nightmarish writings oscillate between fantasy and reality. The aim is thus to explain the murder as an excessive act which goes beyond the simple idea of a thematic. Thanks to his study of social deviances, the writer tries to voice popular fears. Many influences must be t aken into account: due to the turn of the century, a wave of pessimism sweeps through Europe. The third republic’s hesitant beginnings, the “Affaires” and the anarchist attacks make an unforgettable impression. The aim of this thesis will be to define the narrative of murder through the exhibition of its different forms, and its place in media environment.