Représentations et performances de "race" et de genre dans les littératures féminines noires (africaine-américaines, françaises, caribéennes)

par Fanny Monbeig

Projet de thèse en Littérature française, francophone et comparée

Sous la direction de Jean-Paul Engélibert.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités depuis le 30-11-2012 .


  • Résumé

    L’intérêt d’étudier la représentation littéraire des femmes noires par les femmes noires est d’analyser le « point de vue des femmes Noires », en référence à « l’épistémologie du point de vue » : les Africaines-américaines et les guadeloupéennes vivent des expériences spécifiques proches et diverses. Elles ont des caractéristiques communes : l’expérience de l’esclavage, le poids de la post-colonialité, la racialisation des constructions de genre. Elles se distinguent par l’enjeu linguistique, et par la réception diverse qui en est faite, dans les cadres universitaires ou militants des deux côtés de l’Atlantique. Si Marie N'Diaye se distingue fortement des autres auteures de notre corpus par de nombreux aspects (stylistiques notamment), elle les rejoint par héritage, par contamination, des thèmes forts cités ci-dessus. Comme Maryse Condé ou Toni Morrison, elle se situe fréquemment à la frontière des genres littéraires, un fantastique inquiétant faisant irruption dans ses fictions, et bousculant les codes établis. Nous étudierons donc ici des femmes Noires prenant la plume pour créer des fictions centrées autour de femmes Noires. Pour cela nous allons analyser des fictions d'esclaves ou de descendantes d'esclaves africaines-américaines : Beloved et Paradise de Toni Morrison, La couleur pourpre et Le secret de la joie de Alice Walker, mais aussi antillaises : Pluie et vent sur Télumée Miracle de Simone Schwartz-Bart, Célanire cou-coupé ; Moi, Tituba, sorcière Noire de Salem, et Heremakhonon de Maryse Condé. Il s'agira également d'étudier les questions de « race » et de genre telles qu'elles se posent chez Marie N'Diaye dans Mon cœur à l'étroit, Rosie Carpe, et La Sorcière. Certains de nos personnages sont esclaves d'autres sont affranchies. Leur servitude peut prendre de multiples formes, des plus historiques aux plus subtilement modernes. La plupart des récits se situent dans une des périodes de transition de l'Hisoire, autour de l'abolition de l'esclavage, de la fin des empires coloniaux, ou d'une postmodernité triste. Dans quelle mesure ces expériences propres aux femmes Noires amènent-elles à une prise de conscience féminine Noire spécifique ? La réception militante de ces œuvres, notamment dans le cadre du « Black Feminism », devra être étudiée. Ces voix qui ici émergent performent-elles des constructions identitaires ? L’écriture des femmes Noires est une écriture des marges, qui se donne à lire originellement hors des cadres institutionnels de la littérature reconnue et du discours dominant de sociétés anciennement esclavagiste.


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