Les hautes etudes industrielles et commerciales de tianjin (1923-1951), et la contribution des jesuites français a la formation des elites chinoises

par Corinne Dutilleux (Dehoux)

Projet de thèse en Etudes extrême-orientales

Sous la direction de Angel Pino.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités depuis le 17-10-2012 .


  • Résumé

    L’Institut des Hautes Études Industrielles et Commerciales de Chine fut fonde par les Jésuites à Tianjin en 1923. Cette école technique supérieure, alors qu’on assistait dans le pays à une prolifération étonnante d’établissements d’enseignement secondaire ou supérieur, aussi bien nationales qu’anglaises ou américaines (protestantes), répondait aux besoins du développement industriel de la région (Chine du Nord). Ainsi en jugèrent à la fois les autorités françaises et l’Église catholique. Ce sont les Jésuites de la Mission de Champagne qui furent chargés de ce nouvel établissement, et qui s’en occupèrent jusqu’à sa fermeture. Après un examen d’admission, qui se tint le 15 septembre 1923, les 35 premiers élèves firent leur rentrée à l’Institut, lequel fonctionna sous sa forme initiale jusqu’à la fin des années 1940. En 1949, quelques jours seulement après la «libération» de Tianjin, la plus grande « campagne de libération » menée par les communistes, le Père Bonningue (1908-1997), figure emblematique des derniers temps de la maison, prit la direction de l’Institut des Hautes Études de Tianjin. C’est sous son rectorat, qui ne dura que deux ans, que l’École fut progressivement « soviétisée », jusqu’à sa totale prise en main par l’administration communiste, qui la convertira en un établissement public. Les Jésuites, dont certains furent incarcérés et soumis à la torture, seront chassés de Chine à partir de 1952. Quel a été l’apport des jésuites de Tianjin dans la formation des élites chinoises, et en quoi l’expérience des Hautes Études se rapproche-t-elle ou au contraire diffère-t-elle des expériences menées à Shanghai (avec l’université L’Aurore) ou à Pékin (avec l’université Furen)? Si on laisse de côté l’aspect proprement technique de l’enseignement prodigué par les Jésuites aux Hautes Études, qu’elle a été leur influence morale et religieuse sur les jeunes gens formés par eux ? Et trouve-t-on chez ces derniers trace de quelque chose qui aurait à voir avec une double culture ? Telles sont les principales questions auxquelles ce travail tentera de répondre.

  • Titre traduit

    The Tianjin «Hautes Etudes Industrielles et Commerciales» Institute (1923-1951) and the contribution of the French Jesuits to the education of the Chinese elite.


  • Résumé

    The Tianjin «Hautes Etudes Industrielles et Commerciales» Institute was founded in Tianjin, China by the Jesuits in 1923. While a surprising proliferation of secondary schools and colleges, either national, English or American (being protestant indeed) were expected, French authorities and the catholic Church thought that this superior technical school was in fact an answer to the needs of the industrial development of the region (North China). The Jesuits from the Mission of Champagne were the ones that became in charge of this new school and remained at its head until it closed. On September 15th 1923, after being admitted at an entrance exam, the first 35 pupils started school at the Institute which functioned in its original form until the late1940’s. In 1949, only a few days after Tianjin was freed, which happened to be the greatest liberation campaign led by the Communists, Father Bonningue (1908 - 1997), who was the emblematic figure of the last hours in the House, took the Tianjin «Hautes Etudes» Institute into control. It was under his 2-year rectorship that the school turned soviet little by little, until it became totally ruled by the communist administration and changed into a state school in the end. The Jesuits, among whom some were jailed and tortured, were expelled from China from 1952 onwards. What have the Jesuits from Tianjin brought to the actual Chinese upperclass society? In what way is the Institute experience similar or, on the contrary, different from the Shanghai and Beijing experiences?If we don’t take into account the purely educational technique taught by the Jesuits, what has their moral and religious influence been on the young pupils who had been taught? Can we find a trace of something that had to do with dual culture in them?