La compétence stratégique du formateur.

par Anne-Marie Bodin-cheneveau (Bodin)

Projet de thèse en Psychologie

Sous la direction de Robert Courtois.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Sciences de l'Homme et de la Société depuis le 30-11-2012 .


  • Résumé

    A l’ère de la compétence, le formateur en IFSI que je suis depuis une dizaine d’années veut s’interroger sur celles qui le concernent. Cette préoccupation est d’actualité, puisque le mouvement de refonte des formations professionnelles engagé dans le cadre de la construction européenne oblige à des redéfinitions des fonctions, en même temps qu’à une recherche de consensus entre les interlocuteurs concernés. Des multiples discussions et travaux mis en place ont émergé, et continuent à naître, divers référentiels d’activités, de compétences, de formation. Parmi eux, le dispositif concernant la préparation au métier d’infirmier a vu le jour il y a trois ans déjà. Il décrète dix compétences à acquérir. L’usage amène à constater la difficulté à disjoindre certaines d’entre elles, et la tentation de plus en plus grande d’en réunir, pour en restreindre le nombre et aller vers davantage d’efficacité et de justesse dans l’ingénierie mise en œuvre. De là provient mon questionnement autour des compétences du formateur impliqué dans cette pédagogie. Quelles sont-elles ? J’en perçois deux essentielles, qui me paraissent pouvoir se regrouper autour de la notion de stratégie. 1. Pédagogie et stratégie Le terme de stratégie m’a fait écho au cours de mes études de Master en Sciences de l’Education. Jusqu’alors, ma pratique de l’ingénierie tentait de se référer à une « ligne directrice », en termes de finalités pédagogiques, critères de résultat, et autres objectifs plus ou moins bien travaillés. J’y parvenais difficilement, peinant à décliner les articulations nécessaires dans les alternances de temps et d’espaces pour atteindre ces desseins déclarés sur un projet pédagogique. Le sens de la pensée stratégique m’est apparu plus clairement au fil de ma formation, jusqu’à occuper une place de choix, prioritaire par rapport à toutes les autres. Je considère la stratégie sous deux angles interdépendants. Elle est d’abord l’alter ego de l’ingénierie, première étape de la conception pédagogique, chape unifiante des exercices, cours, pratiques, proposés au fil des jours aux étudiants. Elle est le diapason qui garantit l’harmonie. Facilement oubliée, reléguée à la seule application d’un curriculum établi « une fois pour toutes », elle mérite à mon sens de récupérer sa position de référence première, élaborée et remaniée en toute conscience de la complexité et de l’évolutivité du contexte. Elle suppose vigilance et acuité, méthode et conceptualisation, analyse et synthèse, capacité à rebondir, revisiter, repositionner. Elle est également, dans le prolongement de l’idée d’un regard « panoramique », la manière qu’a le formateur d’agir, de réagir, dans sa confrontation quotidienne aux publics côtoyés : étudiants, collègues, directeurs, médecins universitaires, professionnels infirmiers et cadres, décideurs à différents niveaux… Je parle ici notamment de la relation pédagogique, mais aussi partenariale, hiérarchique. Elle est à la fois la manifestation des conceptions et convictions et celle des habitudes de fonctionnement, bonnes ou mauvaises. Soumise aux aléas des événements et des imprévus, elle se rapproche parfois plus de la tactique ponctuelle que d’une véritable pensée stratégique. Ce niveau de la stratégie me paraît fondamental, parce qu’impactant directement et concrètement l’efficacité de l’action. Il est le lieu et le moment de l’opportunité à saisir, de la libération possible de l’ingéniosité, de tous les possibles et de tous les risques.


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