Contagion et intégration financière : l’exemple des marchés actions français et américain

par Raphaël Hekimian

Projet de thèse en Sciences économiques

Sous la direction de Cécile Couharde.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec UMR 7235 EconomiX (laboratoire) depuis le 08-01-2013 .


  • Résumé

    Au sein de la littérature relative aux causes et à la propagation des crises financières, il est possible d’identifier clairement deux courants majeurs. L’approche par les fondamentaux macroéconomiques tend à montrer que les causes de l’émergence d’une crise financière dans un pays, ainsi que son éventuelle contagion sur un pays ou un groupe de pays, est le résultat de déséquilibres macroéconomiques profonds observables en amont. Un second cadre d’analyse cherche à expliquer ces phénomènes par les changements brutaux de comportements des investisseurs, à travers la théorie des anticipations autoréalisatrices. L’objet de ce projet de recherche est de replacer ces théories dans un contexte historique afin d’évaluer notamment leur pertinence dans un contexte de marchés financiers moins intégrés et d’économies moins mondialisées. Plus précisément, notre travail cherchera à répondre aux questions suivantes : les phénomènes de contagion financière sont-ils spécifiques à la période récente de forte intégration financière ou ont-ils déjà été à l’oeuvre dans les périodes précédentes ? Présentent-ils les mêmes caractéristiques au cours du temps ou au contraire sont-ils spécifiques notamment aux caractéristiques et au degré de l’intégration financière ? Mon mémoire majeur de Master 2 s’est centré sur la contagion entre la bourse française et la bourse américaine sur la période de l’entre deux guerres. La méthodologie retenue a été celle de Forbes et Rigobon (2002), qui consiste à tester la significativité de la hausse des corrélations entre les rendements des deux marchés, avant et après le choc que constitue le krach de 1929. Cette approche a permis de conclure à une forte interdépendance entre les deux marchés, alors même que ces deux économies, géographiquement éloignées, ne connaissaient que relativement peu d’interactions commerciales et financières. La conclusion est que la propagation de la crise américaine sur le marché des actions français aurait été le fruit d’un changement d’anticipations de la part des investisseurs. Afin de compléter ces premiers résultats, nous chercherons à étendre cette analyse à la période plus récente afin de voir les continuités et/ou ruptures dans les corrélations entre les rendements des deux marchés. Nous chercherons également à tester la pertinence de l’approche par les fondamentaux dans l’explication des phénomènes de contagion. Cette partie s’appuiera sur un travail conséquent de collecte de données historiques, et cherchera notamment à identifier les fondamentaux à l’oeuvre dans les phénomènes d’interdépendance des marchés financiers français et américains. Une attention sera notamment portée aux canaux de transmission financiers. Enfin, en nous replaçant dans le cadre de la crise économique actuelle, et plus particulièrement de la crise financière de 2007-2008, nous comparerons les phénomènes de contagion à l‘œuvre en 1929 avec ceux de la crise récente. En particulier, nous chercherons à évaluer le rôle de l’intégration financière et à tester l’existence d’effets de seuil dans la relation entre le degré d’intégration et l’ampleur des phénomènes de contagion. Ce travail devrait permettre d’éclairer les débats relatifs aux choix des politiques à mener afin de prévenir les risques de propagation des chocs financiers. En particulier, doit on assurer une meilleure régulation des marchés financiers afin d’atténuer les changements brutaux d’anticipations des agents ou doit-on mener des politiques macroéconomiques supra nationales afin de résorber les déséquilibres macroéconomiques en amont d’une crise financière à venir ?


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