De l'enfant de rêve à l'enfant de chair....puis à l'enfant atteint de cancer.

par Jeremie Mallet

Projet de thèse en Psychologie

Sous la direction de Patrick Martin-Mattéra.

Thèses en préparation à Rennes 2 , dans le cadre de École doctorale Sciences humaines et sociales (Rennes) depuis le 02-12-2012 .


  • Résumé

    S'il n'est pas rare, dans un service de médecine pédiatrique, d'entendre des parents répéter souvent les mêmes formules, si explicites, comme : "C'est le ciel qui nous tombe sur la tête", etc. Il est cependant une formule récurrente qui suscite chez moi quelques interrogations. Lorsqu'on s'étonne devant eux, par exemple, du temps qu'ils peuvent passer à l'hôpital auprès de leur enfant, ils répondent facilement !"On n'a pas le choix !". ne peut-on pas supposer qu'il y a là ambiguïté, au tout du moins, une dénégation qui laisserait entendre que le parent lutte justement contre ce "choix" ou plus précisément contre un désir inconscient, antagoniste au voeu, en apparence absolu et unique, de guérison de l'enfant ? Pour des parents, il est évidemment difficile d'envisager de plus rude épreuve que cette annonce d'une maladie grave chez son enfant, un enfant qu'ils ont fait naître et qu'ils voient tout à coup frappé d'un mal qui peut le faire mourir prématurément.Cette expérience, qui ne peut se définir dans un premier temps que comme un"hors-sens", inqualifiable, incomparable, incompréhensible, bref "impossible comme tel", amène ces parents en plein cahot à dévoiler, à travers l'énoncé de leur propre histoire, un discours cousu d'imaginaire, d'irrationnel de sentiments paradoxaux, entre un amour puissamment exprimé, incontestablement authentique et, en filigrane, un voeu inconscient de mort, d'infanticide à l'endroit de cet enfant qui renvoie surtout à l'enfant que le parent a lui-même été, "l'enfant préhistorique" (D. Brun). En effet, si l'on ne peut nier l'incontestable et remarquable volonté des parents de voir leur enfant guérir, l'expérience clinique montre qu'on ne peut ignore les jaillissements inconscients de voeux nettement moins dicibles mais se manifestant tout de même, soutenus par une relation transférentielle, par des pensées, des paroles chez ces mères telles que : "Peut être aurait-il mieux valu ne pas avoir ce enfant ?", reliées à d'autres pensées du type : "Peut-être n'aurais-je pas du naître ?" révélant ainsi ce qui a été mis en lumière par D. Brin comme des "voeux infanticides".


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