Syndicalisme et protestation aux Antilles françaises : une comparaison socio-historique des champs syndicaux en Guadeloupe et en Martinique

par Pierre Odin

Projet de thèse en Science politique

Sous la direction de Lilian Mathieu et de Justin Daniel.

Thèses en préparation à Paris, Institut d'études politiques , dans le cadre de Institut d'études politiques (Paris). École doctorale depuis le 01-10-2012 .


  • Résumé

    La sociologie de l’action collective s’intéresse de nouveau au syndicalisme comme registre d’activité protestataire. Aux Antilles françaises, les conflits d’ampleur qui ont éclaté ces depuis 2009 ont surpris nombre de commentateurs de par l’ampleur et la durée des mobilisations qu’ils ont suscité, mais également de par le nombre et la diversité des organisations qui y prenaient part. A l’origine de ces mobilisations, on retrouve fréquemment les principales organisations syndicales insulaires – et leurs responsables - qui, en plus de leur activité légale de défense des salariés, sont les moteurs de coalitions protestataires visant à dénoncer la vie chère, le chômage, les discriminations, mais également à défendre la culture créole ou l’environnement insulaire. Il apparaît que ces coalitions - le Liyannaj Kont Pwofitasyon en Guadeloupe puis le Kollectif 5 Févrié en Martinique - ont pu constituer un support d’identification pour des dizaines de milliers de Guadeloupéens ou de Martiniquais qui ont participé aux mobilisations orchestrées par des militants syndicalistes, sans pour autant s’identifier à une organisation en particulier, ou même attribuer un « sens syndical » à leur participation. En outre, il apparaît que ces collectifs, tout en continuant à occuper une place prépondérante dans l’espace des mouvements sociaux en Guadeloupe et en Martinique, peinent à mobiliser la population aussi massivement qu’en 2009 et à inscrire leur activité protestataire dans la durée - ce qui pourrait, à terme, en péril le travail de coalition réalisé jusqu’alors -. D’où l’importance, selon nous, d’appréhender la contestation à partir des organisations syndicales pour comprendre les évolutions des différents collectifs au cours des années à venir. L’objet principal de notre recherche s’intègre donc à une socio-histoire des champs syndicaux en Guadeloupe et en Martinique, et centre pour cela la démarche sur la comparaison entre les deux îles. Notre démarche comparative doit permettre d’identifier les spécificités du syndicalisme guadeloupéen et du syndicalisme martiniquais, ainsi que les différences principales qui le séparent du syndicalisme métropolitain : nous chercherons à comprendre comment le contexte d’insularité et l'histoire ont façonné des univers contestataires originaux, en y ajoutant la comparaison avec la métropole pour mettre en lumière les particularités induites par ce contexte insulaire et colonial.


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