L’incorporation spatiale des immigrés en France : étude des déterminants des trajectoires résidentielles

par Haley Mcavay

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Mirna Safi.

Thèses en préparation à Paris, Institut d'études politiques , dans le cadre de Institut d'études politiques (Paris). École doctorale depuis le 01-10-2012 .


  • Résumé

    Cette thèse cherche à analyser les dynamiques résidentielles des populations immigrées et issues de l’immigration en France et leur situation face au logement. S’appuyant sur deux grandes bases de données, l’Echantillon Démographique Permanent (INSEE) et l’enquête Trajectoires et Origines (INED/INSEE), qui comptent parmi les rares bases de données en France qui permettent d’identifier les immigrés et leurs descendants à travers le temps (1990-2008), cette recherche comporte trois grands volets empiriques. En premier lieu, je propose un panorama des situations résidentielles des immigrés et de leurs descendants, en focalisant sur les caractéristiques des zones urbaines où ces groupes sont concentrés, leur statut d’occupation du logement, ainsi que la manière dont ces différentes dimensions résidentielles s’articulent. Deuxièmement, tirant profit de la dimension longitudinale des données, l’analyse porte sur la mobilité résidentielle de ces groupes, en traçant leurs trajectoires dans les quartiers et dans le logement. Finalement, je mène une analyse intergénérationnelle des inégalités résidentielles afin de déterminer à quel point les individus « héritent » les positions spatiales de leurs parents. L’analyse porte une attention particulière aux déterminants individuels et contextuels des trajectoires afin de mieux saisir les mécanismes qui structurent les inégalités face au logement et dans l’espace.

  • Titre traduit

    Immigrants’ Spatial Incorporation in France : Patterns and Determinants of Neighborhood and Housing Attainment


  • Résumé

    My dissertation provides a comprehensive analysis of the neighborhood and housing outcomes of immigrants and natives in France. I draw on two large data sets, L’échantillon démographique permanent (INSEE) and Trajectoires et origines (INED/INSEE), which provide rare information about first and second generation immigrants, combine individual and contextual-level variables, and span several dates of observation (1990-2008). Drawing on classical theoretical approaches to immigrants’ spatial incorporation (spatial assimilation, place stratification), as well as insights from the social stratification and neighborhood effects literature, the analysis is rooted in a multidimensional, longitudinal and intergenerational approach to residential inequalities. First, I use a variety of indicators of the composition of neighborhoods (i.e. share of immigrants, co-ethnics, low-income households, the unemployment rate) in addition to housing tenure to explore associations between various dimensions of residential outcomes. Second, using longitudinal data and panel modelling techniques, the analysis captures patterns and determinants of residential mobility, transitions in neighborhoods, access to homeownership and moves in and out of the public housing sector. Finally, contributing to recent empirical work on the intergenerational reproduction of context, I seek to assess the extent to which residential situations are transmitted between parents and their children. The analysis seeks throughout to document the effects of individual factors (nativity, immigrant origin, socioeconomic status) and contextual factors (municipality and departmental characteristics) on shaping residential inequalities.