Structure des préférences, prise de décision et environnement : approches théorique et expérimentale

par Marion Dupoux

Projet de thèse en Sciences économiques

Sous la direction de Alain Ayong Le Kama et de Vincent Martinet.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec ÉconomiX (Nanterre) (laboratoire) , Institut Français du Pétrole. Energies Nouvelles (Rueil-Malmaison) (equipe de recherche) et de Institut national de la recherche agronomique (France) (entreprise) depuis le 28-11-2012 .


  • Résumé

    Cette thèse vise analyser les déterminants (objectifs et subjectifs) à l’origine de l'hétérogénéité des évaluations de projets. Dans un premier temps, j'analyserai comment les quantités (objectives) sont incorporées dans l'analyse coût-bénéfice. Le premier chapitre principal traite de la manière dont l'analyse coût-bénéfice est affectée par la distribution temporelle des impacts considérée. À travers l'exemple du changement d'affectation des terres provenant de la production de biocarburants, il ressort que les décisions concernant les projets ayant des impacts environnementaux non constants dans le temps s'appuient sur des valeurs actuelles nettes biaisées, ce qui peut entraîner la mise en œuvre de projets en réalité non souhaitables ou la non-implémentation de projets réellement souhaitables. Ce travail est à la fois théorique et numérique. Ensuite, j'étudie le rôle de la structure des préférences sur la prise de décision individuelle dans un cadre individuel puis un cadre collectif. Au niveau individuel, nous développons un modèle théorique qui permet soit de la substituabilité, soit de la complémentarité entre les biens en fonction du contexte (revenu et qualité de l'environnement). Il en résulte que l'élasticité-revenu du consentement à payer marginal peut être négative dans un contexte de substituabilité inter-biens, ce qui contraste avec les modèles habituels qui ne permettent que des élasticités positives du revenu (le bien environnemental ne peut jamais être inférieur mais est toujours normal). Notre cadre théorique affecte également la façon dont la consommation et la qualité de l'environnement sont actualisées, ce qui est d'autant plus pertinent dans un contexte de chocs sur les revenus. Au niveau collectif, j’utilise une approche expérimentale pour analyser l'effet de l'interaction entre les individus ayant des structures de préférences différentes sur les contributions au bien public. Il en résulte que la substituabilité parfaite est associée à un plus grand nombre de passagers clandestins que la complémentarité. Cependant, une aversion à l'inégalité avantageuse émerge également des individus dont les préférences sont à l'origine d'une parfaite substituabilité vis-à-vis de ceux dont les préférences sont fondées sur la complémentarité.

  • Titre traduit

    Structure of preferences, decision-making and the environment : theoretical and experimental approaches


  • Résumé

    This thesis aims at providing insights on the (objective and subjective) determinants of the heterogeneity of project evaluations. At first, I analyze how (objective) quantities are incorporated in the cost-benefit analysis. The first main chapter deals with the way cost-benefit analysis is affected by the time distribution of impacts considered. Through the example of land use change from biofuel production, I find that decisions regarding projects with non-constant environmental impacts rely on distorted net present values, which may result in the implementation of actually non-desirable projects or the non-implementation of actually desirable projects. This work is both theoretical and numerical. Second, I investigate the role of the structure of preferences, i.e. whether private goods and environmental goods are substitutable or complementary in providing utility, on individual decision-making in an individual framework and a collective framework. At the individual level (second main chapter), we develop a theoretical model which allows either for substitutability or complementarity depending on the context (income and environmental quality). It results that the income elasticity of willingness to pay can be negative in contexts of between-goods substitutability, which contrasts with usual frameworks which only allow for positive income elasticities (thus the environmental good can never be inferior but is always normal). Our framework also affects the way consumption and environmental quality are discounted, which is all the more relevant in the context of income shocks. At the collective level (third main chapter), we use an experimental approach to analyze the effect of the interaction between individuals with different structures of preferences on contributions to the public good. It results that perfect substitutability is associated with more free-riding than complementarity. However, an aversion to advantageous inequality also emerges from individuals whose preferences underlie perfect substitutability towards those whose preferences are based on complementarity.