L’œuvre de Luis Vitale (1927-2010) : une contribution à l’histoire sociale, indigéniste et féministe du Chili

par Monica Casanova

Projet de thèse en Etudes ibériques et ibéro-américaines

Sous la direction de Isabelle Tauzin-castellanos.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités depuis le 21-11-2012 .


  • Résumé

    Formé dans l’esprit des Annales de Marc Bloch et Lucien Febvre, Luis Vitale, historien et militant ouvrier Argentin d’origine mais Chilien d’adoption, y a trouvé une méthodologie de l’histoire en rupture avec les écoles précédentes, qui mettaient l’accent sur les évènements, les grandes figures de l’histoire, avec un attachement essentiel aux documents écrits. Luis Vitale est parti du présupposé de l’insuffisance d’une conception unilatérale et euro-centrée de l’histoire sur laquelle les historiens latino-américains cherchaient à calquer leur propre histoire, en négligeant voire omettant des catégories sociales protagonistes, selon lui, et pourtant invisibles dans l’histoire officielle, les Indigènes, dont les Mapuches du Chili, et les femmes. Un autre de ses présupposés est que l’histoire ne peut avoir de sources seulement écrites, mais aussi orales, comme dans les récits de témoins, dans la musique, ou encore dans l’iconographie, les médias. L’objet de cette thèse sera d’étudier dans quelle mesure l’œuvre de Luis Vitale, l’analyse théorique des spécificités de l’histoire de l’Amérique latine du point de vue global d’un latino-américain, est un apport à l’histoire sociale du Chili et de deux catégories sociales invisibles dans l’histoire officielle, les Mapuches et les femmes, en questionnant, à la manière de Luis Vitale lui-même, cette analyse théorique : existe-il un regard spécifiquement latino-américain sur l’histoire du Chili, des Mapuches et des femmes et dans ce cas, quelles en sont les bases matérielles, sociales, politiques et culturelles ?

  • Titre traduit

    The contribution of Luis Vitale’s work (1927-2010) to social, native and feminist history of Chile


  • Résumé

    In spirit of Annales, Luis Vitale, historian and Argentine labor militant but Chilean by adoption, found a methodology of history contradicting with precedents schools of thoughts which insisted on events, important faces, with essential attachment to written documents. Luis Vitale started on the presupposition of insufficiency of unilateral and euro-centred historical conception in which latin-american historians try to trace their own history, neglecting and even omitting protagonist social categories, for him, and meanwhile inreconognized in official history, like native people, particularly Chilean Mapuches, and women all over Latin-America. Other presupposition of Vitale is that history can’t only be written in written sources, but orals too, like witness stories, in music, or still in iconography, media. The object of this thesis will be to study how Vitale’s work, theorical analysis of latin-american history specially viewed from the global latin-american point of view, is a contribution to social history of Chile and of two invisible social categories in official history, native Mapuches and women asking, like Luis Vitale himself, this theorical analysis: is there a specific latin-american outlook of history of Chile, of Mapuches and women and, in this case, what are his material, social, political and cultural landmarks?