Les morts chez les vivants : sépultures et enfouissement de corps à l’âge du Bronze en Europe occidentale (France, péninsule Ibérique, 2200/800 a.C.)

par Coralie Chenu

Projet de thèse en Sciences Archéologiques

Sous la direction de Isabelle Cartron.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités depuis le 05-09-2012 .


  • Résumé

    Au sein de la recherche archéologique contemporaine, l’étude du phénomène funéraire est sans doute l’un des domaines les plus dynamiques. Renouvelant sans cesse ses outils méthodologiques et conceptuels, l’archéologie funéraire s’appuie en outre sur une tradition de recherche déjà ancienne : la richesse des offrandes associées à certaines sépultures, leur bon état de conservation favorisé par les conditions d’enfouissement font que les tombes ont depuis longtemps retenu l’attention des archéologues. Cependant, plus récemment, un nouvel intérêt concernant des sépultures plus discrètes s’est affirmé, notamment du fait du développement de l’archéologie préventive. Parmi ces sépultures discrètes, une catégorie a toujours occupée en Europe tempérée une place marginale : les sépultures en contexte d’habitat, le plus souvent des inhumations (par opposition à des crémations) déposées dans ce que l’on considère de façon privilégiée comme le domaine des vivants ; une pratique présentée comme « anormale » alors qu’aux mêmes époques, en Orient ou dans certaines régions de Méditerranée, comme le sud de l’Espagne par exemples, elle est la norme bien plus que l’exception. Ce projet de thèse fait suite à un travail de recherche de master 2 sur les sépultures en contexte d’habitat en France et en péninsule Ibérique reposant sur une approche comparatiste, visant à mettre en parallèle la situation observée en France et celle observée dans les villages de la culture d’El Argar (Andalousie et Levant espagnol, entre 2200 et 1500 a.C.) et à vérifier l’hypothèse d’une réelle « anormalité » de l’ensevelissement de cadavres en contexte d’habitat en France sur cette base, en prenant en considération un large spectre d’hypothèses telles que celles des sépultures d’individus morts du fait de violences intra-communautaires. Ainsi, il s’agirait d’exploiter cette dimension du registre archéologique pour compléter les hypothèses construites sur la base des observations anthropologiques. Il s’agirait également de mener une réflexion plus générale sur les concepts d’ « habitat » et d’ « espace funéraire » comme des espaces spécialisés s’excluant mutuellement. Cette recherche s’appuierait donc sur une mise en parallèle des sites à l’échelle du grand Ouest européen (France, péninsule Ibérique) au sein duquel on essaierait d’aller au-delà des différences historiographiques pour parvenir à une juste caractérisation archéologique d’un phénomène dont l’impression de diversité qu’il renvoie peut au moins autant provenir des observateurs que de la réalité des sociétés observées. Ce projet suppose donc une recension exhaustive de tous les ensembles connus, avec si possible un réexamen de la documentation de terrain s’appuyant sur une méthode d’analyse relevant de l’archéothanatologie.

  • Titre traduit

    The dead among the living : burials and burial of the body to the Bronze Age in Western Europe (France, Iberian Peninsula, 2200/800 BC)


  • Résumé

    In contemporary archaeological research, the study of the funeral phenomena is probably one of the most dynamic fields .Constantly renewing its methodological and conceptual tools, funerary archeology is also based on a long-standing tradition of research: the wealth of offerings associated with some graves, their good state of preservation favoured by burial conditions that are tombs, have attracted the attention of archaeologists. However, recently, a new interest in graves has become more discreet, especially because of the development of archeology. Among these graves discrete class has always occupied a marginal place in temperate Europe: the graves in the context of habitat, mostly burials (as opposed to cremation) deposited in what is considered as a privileged living area, a practice described as "abnormal" while in the same periods in the East or in certain regions of the Mediterranean, such as southern Spain, for example, it is more the norm than the exception. This thesis project follows a research master 2 : The grave in the context of habitat in France and the Iberian Peninsula based on a comparative approach, aimed at parallel situations observed in France and the village cultures of El Argar (Andalusia and the Spanish Levant, between 2200 and 1500 BC) to test the hypothesis of a real "abnormality" of the burial of corpses within the context of housing in France on this basis, taking into account a wide range of assumptions such as the graves of people who died due to intra-community violence. Thus, it will exploit this aspect of the archaeological record to complete the assumptions built on the basis of anthropological observations. It will also lead to a more general reflection on the concepts of "habitat" and "burial space" as mutually exclusive specialized spaces. This research is therefore based on parallel sites across the great western Europe (France, Iberian Peninsula) in an attempt to go beyond historiographical differences to achieve a fair archaeological characterization, of a phenomena which gives the impression of diversity that is arrived at least from observations of the realism of the societies studied. This project therefore requires a comprehensive review of all known sets, possibly with a review of the literature in the field based on a method of analysis under the archeothanatology.