O Lago Grande do Curuai : história fundiária, usos da terra e relações de poder numa área de transição várzea-terra firme na Amazônia

par Ricardo Theophilo Folhes

Projet de thèse en Geographie


Thèses en préparation à Paris 3 en cotutelle avec l'Universidade federal do Pará , dans le cadre de École doctorale Europe latine et Amérique latine (....-2015 ; Paris) , en partenariat avec Centre de recherche et de documentation sur les Amériques (equipe de recherche) depuis le 15-11-2012 .

  • Titre traduit

    Le Lago Grande de Curuai : histoire foncière, usages de la terre et relations de pouvoir dans une zone de transition entre terre ferme et plaines d’inondation en Amazonie.


  • Résumé

    L’objectif de cette recherche est de comprendre comment des facteurs d’ordre social et environnemental ont influencé, en Amazonie brésilienne, le peuplement, l’appropriation et l’usage conjugué des ressouces naturelles, dans une région de transition entre des écosystèmes de plaines d’inondation et de terre ferme. L’approche adoptée est historique et ethnographique, afin d’examiner comment les relations de pouvoir et les pratiques sociales sont articulées au régime hydraulique de crues et d’étiages. Le lieu de l’étude est la région du Lago Grande do Curuai, dans la commune de Santarém (État du Pará), au croisement des communes d’Óbidos et Juruti. Je me suis interrogé sur de possibles continuités et ruptures entre les relations de pouvoir actuelles et celles de l’époque coloniale – relations qui influencent la circulation des hommes entre ces deux écosystèmes. Je conclue que les plaines d’inondation (várzeas) sont, aujourd’hui encore, contrôlées par des segments sociaux issus de l’élite locale, formés de propriétaires terriens et d’éleveurs de bovins. Ceux-ci ont construit leur pouvoir pendant la colonie portugaise et ont graditativement impulsé un mouvement vers des terres situées de plus en plus loin dans la terre ferme, avançant sur la forêt. Depuis 1950, l’élevage est la principale activité économique à l’origine de cette expansion, au moyen des pratiques liées à la transhumance du bétail. Parmi les facteurs qui induisent la circulation saisonnière entre la várzea et la terre ferme, la transhumance a reçu une attention particulière dans ce travail. Initialement réservée aux grands fazendeiros, cette pratique s’est popularisée dès les années 1970 parmi les différents profiles d’éleveurs, avec une intensification dans les années 1990. L’élevage repose sur trois pratiques locales qui favorisent la transumance : les « sociétés », les « permissions » et les locations de terrain (arrendamentos). Leur analyse conjointe m’a permis de montrer que les « sociétés » entre grands et petits éleveurs sont à l’origine de l’expansion de l’élevage. Cette activité va bien au-delà d’un « livret d’épargne » ; elle confère du prestige et une opportunité d’accéder régulièrement aux plaines d’inondation. Lors de la création, en 2005, d’un projet d’établissement agro-extractiviste – le PAE Lago Grande – afin de régulariser l’occupation foncière des populations régionales, seuls les terrains de terre ferme ont été intégrés dans la nouvelle unité territoriale. Ceux de várzea en ont été exclus. Les données disponibles permettent de montrer qu’au fond, la structure foncière n’a pas été modifiée. Dès lors, les relations de pouvoir historiquement inscrites dans ce paysage restent relativement inchangées. Enfin, la circulation des populations régionales entre ces deux écosystèmes ainsi que les pratiques de transhumance n’ont pas été prises en compte lors de la mise en œuvre des politiques de gestion territoriale en Amazonie.


  • Résumé

    The aim of this study is to understand the role of the social and environmental order influenced the peopling, land appropriation and the seasonal use of natural resources between floodplains (várzea) and firm land (terra firme) ecosystems in the Brazilian Amazon. I follow an historical and ethnographical approach to examine how social practices and the local power relations influenced the interrelated dynamic between social life and water movements (floods and droughts). The study area is Lago Grande, located in the city of Santarem, Pará State bordering the towns of Óbidos and Juruti. The main question is to investigate if power relations among social groups established and inherited during the colonial living in Lago Grande region are still operating in current times, and how this situation affects the control of transhumance between várzea and terra firme ecosystems. I conclude that the Amazon floodplains are still controlled by local elites, represented by land and livestock owners. The local elite established their socio-political power during colonial times, dominating an increasing process of entering from várzea to terra firme areas (i.e. deforestation). Since 1950, the main economical activity responsible for the expansion of land use from várzea to terra firme was cattle raising through transhumance between both ecosystems. Transumance has received a specific attention in this study, for it is among the main factors encouraging the circulation of local population between várzea and terra firme environments. From 1970’s, large farmers started the transhumance which was later followed by smaller farmers, and intensified through the 1990’s. Cattle ranching builds on three local practices which promote transhumance: “societies”, “permissions” and land rentals (arrendamentos). A joint analysis allowed me to demonstrate that “societies” between large and small farmers sustain the cattle ranching growth. This activity is lucrative and bestows prestige and opportunities to access the floodplains more regularly. In 2005, an Agro-extractivist Settlement was created (PAE Lago Grande) to favor land distribution and better economical opportunities among local populations. Though, the territorial unit included terra firme but not the areas of the várzea ecosystem, vital for the local economy part of the year. Additionally, the PAE also did not alter the land tenure, keeping the same historically constructed power structures it aimed to deconstruct.