Les Exploratrices Britanniques du XIXème siècle : exploration des frontières du Genre, Corporelles et Internationales

par Shirley Douliere

Projet de thèse en Etudes anglophones

Sous la direction de Nathalie Jaeck.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités depuis le 14-12-2012 .


  • Résumé

    Le dix-neuvième siècle est sans conteste une charnière du monde contemporain. De nombreuses inventions et réformes sociales ont éclos vers 1880 et lancé les changements qui ont modifié la société actuelle. C’est aussi le siècle des grands explorateurs célèbres, Sir Robert Burton, Alexandre Humboldt, David Livingston, pour ne citer que quelque uns, qui fascinent le public grâce aux récits de leurs découvertes dans des contrées lointaines. Parmi eux, des femmes. Femmes célèbres et reconnues en leur temps par leurs paires, qui sillonnèrent l’Asie, les Amériques et le Moyen Orient, laissant leurs marques dans l’histoire de la géographie, voire, de la diplomatie. Cependant, de nos jours, on s’intéresse peu à ces aventurières en jupons qui vagabondaient sur la mappemonde tandis que leurs consœurs restaient confinées dans leurs belles demeures victoriennes. Malgré le caractère avant-gardiste de l’épopée de ces femmes, il n'existe que peu d'analyses thématiques à leur sujet. En effet, on ne sait que peu de choses sur leurs motivations. Beaucoup de récit d'aventures autobiographiques, recueils de dessins ont été publiés par les intéressées, et les quelques ouvrages académiques publiés comportent souvent des biographies basées sur ces récits et la correspondance entre ces femmes et leurs familles sans creuser le sujet. Qui étaient ces femmes ? Pourquoi n’ont-elles pas, la plupart du temps, cherché à donner un sens à leurs pérégrinations en militant pour les avancées sociales de l’époque ? Bien au contraire, beaucoup étaient férocement anti-suffrage et convaincues de l’infériorité des femmes. C’est donc autant de paradoxes et zones d’ombres que je souhaite exploiter. Au premier abord on peut dire que toutes étaient des femmes éduquées à la maison, et fortunées financées par leurs maris (lorsqu’elles les accompagnaient) ou leurs familles voire des femmes seules ayant hérité des biens familiaux à la mort des parents. Qu'est-ce qui a permis dans la société victorienne une telle émancipation géographique ? Une évolution des mœurs plus permissive ? Ou au contraire, un climat social pesant auquel on souhaite échapper ? Peut-on y juxtaposer l'essor, certes lent, de l’éducation sexuelle, la contraception, les revendications féministes à être reconnues comme légalement responsables et ayant une identité et des fonctions autres que celles de la sphère domestique? Car si à l’aube du XXe siècle rien n’avait bien changé, ce sont les jalons posés pendant la seconde moitié du XIXe qui ont permis aux femmes de s’émanciper.

  • Titre traduit

    Nineteenth Century British Female explorers : exploring the borders of gender, sexuality and foreign lands.


  • Résumé

    The nineteenth century is unquestionably a hinge of the contemporary world. Numerous inventions and social reforms hatched by 1880 launched the changes which modified the current society. It is also the century of the famous explorers, Sir Robert Burton, Alexander Humboldt, David Livingston, to quote only a few, that fascinated the public thanks to the narratives of their discoveries in distant parts of the country. Among them, women. Women famous and recognized in their time by their pairs, which crossed Asia, the Americas and the Middle East, leaving their mark in the History, geography, and even, the diplomacy of the world. However, nowadays, few people are interested in these adventuresses in underskirts which wandered on the map of the world whereas their colleagues stayed confined to their beautiful Victorian houses. Despite the avant-garde epic aspect of these women's adventures, there are only few analysis of their trips and writings. Indeed, we do not know much about their motivations. Many narratives, autobiographies, biographies based on their letters have been written but without digging too much. Who were these women? Why, for the most part, didn't they give a meaning to their travels by demanding social reform? On the contrary, many were ferociously anti women suffrage and convinced of the inferiority of women. These are the paradoxes and questions I wish to explore. Because if we can see that all of these women where educated at home and were rich and funded either by their husbands (when going with them) or their families sometimes thanks to an inheritance after their parent's death. Which aspect of the Victorian society allowed such a geographical emancipation? An evolution of more lenient morals? Or on the contrary, a social climate so oppressive that one wishes to escape it? Can we draw a parallel with the rise, albeit slow, of sexual education, contraception, feminist demands to be recognized as legally responsible and having an identity and roles other than the ones of the domestic sphere? Because if towards the end of the Nineteenth century nothing had really changed, women obtained their emancipation thanks to the foundations built during the second half of the nineteenth century .