Représentations des mondes de l'art contemporain à la télévision française de 1960 à 2013. De la médiatisation à la médiation

par Clémence De Montgolfier

Thèse de doctorat en Sciences de l'information et de la communication

Sous la direction de François Jost.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Arts et médias (Paris) , en partenariat avec Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (laboratoire) depuis le 06-12-2012 .


  • Résumé

    Cette recherche vise à déterminer comment la télévision française représente les mondes de l’art contemporain de 1960 à nos jours. Grâce à une analyse sémiologique et pragmatique d’un corpus d’émissions sur l’art contemporain, nous avons constaté, d’une part, que l’évolution des programmes télévisés dits « culturels » montre une diminution de la part de ces derniers ainsi que leur relégation dans des heures creuses de la programmation depuis les années 1980. Alors que les programmes des années 1960 à 1980 visent à transmettre l’expérience esthétique des œuvres d’art depuis le terrain, les années 1980 à 2000 voient des programmes plus dialogiques où experts et artistes discutent sur le plateau. Ces échanges présentant peu de critique négative relèvent principalement de la promotion culturelle. D’autre part, depuis les années 2000, les émissions sur l’art contemporain s’inspirent des formes divertissantes de la télé-réalité. Des contradictions idéologiques surgissent entre la mission de médiation culturelle portée par l’ORTF puis les chaînes publiques et ces nouveaux récits de compétition. L’art contemporain se trouve alors au cœur des conflits de définition de la culture. D’un côté, sa médiatisation montre un monde de l’art hégémonique où les inégalités socioculturelles sont légitimées. De l’autre, la médiation opérée par les programmes continue de promettre un idéal de démocratisation de l’art contemporain à travers des récits d’accès au savoir, source d’égalité. La médiation des œuvres d’art, de l’exposition filmée à une télévision « curatoriale », promet plus d’immédiateté tout en multipliant les dispositifs de médiation. C’est dans cette indécidabilité que les programmes sur l’art contemporain ne peuvent tenir leurs promesses.

  • Titre traduit

    Representations of the Worlds of Contemporary Art on French Television from 1960 to 2013. From Media Representations to Mediation


  • Résumé

    This research aims to determine how French television has been representing the worlds of contemporary art from the 1960’s to nowdays. Through a semiological and pragmatic analysis of a corpus of television programs about contemporary art, we have observed, on the one hand, a decrease of their share and their relegation to less favorable hours of programing since the 1980’s. Whereas the programs from 1960 to 1980 aimed to transmit the aesthetic experience of the artworks as seen from the field, the programs between 1980 and 2000 were more dialogical and hosted discussions between experts and artists in the television studio. Showing few negative critiques, they fell under the discourse of cultural promotion. And on the other hand, since the 2000’s, television shows about contemporary art have been taking on the entertaining forms of reality shows. Ideological contradictions arise, between the cultural mediation mission carried on by the ORTF and later public channels and those new narratives of competition. Contemporary art finds itself at the heart of conflicts regarding the definition of culture. On one side, its media coverage shows a hegemonic world of art where sociocultural inequalities are legitimated. And on the other side, those programs continue to promise an ideal of democratization of contemporary art through narratives of accessing knowledge, source of emancipation and equality. Moreover, the mediation of the artworks, from the filmed exhibition to a “curatorial” television, promise more immediacy while multiplying the dispositifs of mediation. It is within this impossibility to decide what their purpose is that television programs about contemporary art can’t hold their promises.