Les difficultés linguistico-culturelles chez les praticiens et les étudiants en interprétation de conférence (français/anglais-arabe)

par Mohannad Alhalaki

Thèse de doctorat en Traductologie

Sous la direction de Daniel Gile.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Langage et langues (Paris) , en partenariat avec Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) depuis le 25-10-2012 .


  • Résumé

    La présente thèse tente d’identifier les difficultés et les spécificités linguistico-culturelles marquantes qui relèvent de l’environnement de l’interprétation (français/anglais-arabe) aussi bien en pratique qu’en formation. L’interprète arabophone utilise le dialecte au quotidien mais doit s’exprimer en arabe littéraire moderne dans les conférences internationales. Il fait alors face à une variété d’arabe non acquise depuis la naissance qui est sensiblement différente des dialectes locaux, notamment sur le plan morphosyntaxique. Ainsi, l’interprète arabophone peut être amené à déployer plus d’efforts que l’interprète francophone ou anglophone dans la production de son discours (traduisant quant à eux vers leur langue maternelle) et à travailler à proximité de la saturation cognitive (Gile, 2009). Nous avons collecté des données par trois moyens : a) un questionnaire rempli par 35 praticiens et enseignants de l’interprétation de conférence, b) deux types d’enquêtes par entretien, l’une auprès de 12 interprètes professionnels, et l’autre auprès de 14 étudiants et 8 enseignants-praticiens appartenant à 4 établissements et c) par l’analyse d’un corpus d’enregistrements de l’interprétation de 2 discours. Les explorations empiriques réalisées ont permis d’identifier un certain nombre de difficultés linguistiques que rencontrent les praticiens en activité ainsi que les enseignants et les étudiants participant à une formation d’interprètes. Nous y retrouvons notamment ce qui concerne la redondance dans le discours arabe et les difficultés qui découlent de la spécificité de l’arabe. L’ALM, notamment en phase de production orale, ne serait pas considéré comme une langue « A » au sens de l’AIIC. Il s’apparenterait plutôt à une langue « B ». Tous les participants ont mis l’accent sur la difficulté de la maîtrise de leur langue « A », l’ALM. L’analyse de corpus a notamment soulevé un grand nombre de fautes et de maladresses linguistiques dans le produit oral des interprètes professionnels. De ces constats, il résulte qu’il est important d’améliorer la maîtrise active de l’ALM chez les interprètes et les étudiants. Le perfectionnement linguistique dont il est question ne peut se faire par une simple immersion linguistique dans un pays arabophone. Il faudra en effet des efforts ciblés.

  • Titre traduit

    Cultural and Linguistic Difficulties among Interpreters and Students in Conference Interpreting (French/English-Arabic)


  • Résumé

    This thesis attempts to identify the key linguistic-cultural difficulties and specificities that are relevant to the interpretation environment (French/English-Arabic) in both practice and training. The Arabic interpreter uses the dialect in daily life, but has to speak modern literary Arabic in international conferences. He/she then faces a variety of Arabic which is not acquired since birth. It is significantly different from local dialects, in particular on the morphosyntactic level. Thus, the interpreter may have to make more efforts than the French or English interpreter in producing his speech (translating to their mother tongue) and working close to cognitive saturation (Gile, 2009). To carry out this study, we collected data in three ways: a) a questionnaire completed by 35 practitioners and teachers of conference interpreting, b) two types of interview surveys, one with 12 professional interpreters, and the other with 14 students and 8 teacher-practitioners from 4 institutions and c) by analyzing a the interpretations of 2 discourses. Empirical explorations led us to identify a number of language difficulties faced by practitioners as well as teachers and students participating in an interpreting training. We find in particular what concerns redundancy in the Arab discourse and the difficulties that arise from the specificity of Arabic. MLA, especially in the oral production phase, cannot be considered as an “A” language within the meaning of the AIIC, and is more like a “B” language. All participants emphasized the difficulty of mastering their “A” language, MLA. In particular, our corpus analysis revealed a large number of mistakes and linguistic blunders in the oral product of professional interpreters. From these findings, it is important to improve the active control of MLA among interpreters and students. The linguistic improvement in question cannot be done by a simple linguistic immersion in an Arabic-speaking country. It will indeed require targeted efforts.