Les inscriptions persanes de Ghazni, Afghanistan. Nouvelles sources pour l’étude de l’histoire culturelle et de la tradition épigraphique ghaznavides (Ve-VIe/XIe-XIIe siècles)

par Viola Allegranzi

Thèse de doctorat en Langues, civilisations et sociétés orientales

Sous la direction de Maria Szuppe et de Roberta Giunta.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité en cotutelle avec l'Università degli studi di Napoli "L'Orientale" - Naples - Italie , dans le cadre de École doctorale Langage et langues (Paris) , en partenariat avec Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) et de UMR 7528 - Mondes iranien et indien, Laboratoire, Equipe de recherche, 027361837 (equipe de recherche) depuis le 01-10-2012 .


  • Résumé

    Les inscriptions persanes de Ghazni constituent des témoignages artistiques ainsi que des sources primaires originales sur l’histoire culturelle des Ghaznavides (366-582/977-1186). Leur étude nous informe sur l’apport de cette dynastie à l’affirmation du persan moderne comme langue épigraphique « nouvelle » complémentaire à l’arabe, et sur les spécificités de cette réalisation. Le corpus examiné réunit 228 fragments d’inscriptions poétiques en persan, dont 113 inédits. Ces textes sont sculptés sur des plaques en marbre relevées par la Mission Archéologique Italienne en Afghanistan dans les années 1950-1960 et provenant pour la plupart d’un palais royal fouillé à Ghazni. Forte d’une approche interdisciplinaire, nous poursuivons deux objectifs principaux : le premier est d’offrir une analyse exhaustive de ce corpus épigraphique, qui fasse ressortir toute information historique dont il est porteur. Le second vise à la mise en contexte des inscriptions et se traduit par une étude comparative des sources épigraphiques et littéraires produites à Ghazni et dans l’ensemble du monde iranien aux Ve/XIe et VIe/XIIe siècles. La diffusion de l’épigraphie persane dans la capitale ghaznavide est confirmée par certains documents inédits externes à notre corpus principal, qui posent des jalons pour une chronologie de cette pratique à l’échelle locale et régionale. Nous constatons en outre le rôle central joué par la poésie persane dans la tradition épigraphique des Ghaznavides, qui emprunte le vocabulaire des panégyristes pour célébrer l’idéologie royale et les valeurs de l’Islam. Cet usage trouve des échos dans les autres régions de l’Iran pré-mongol et donne une voix à la politique culturelle des dynasties musulmanes orientales.

  • Titre traduit

    Persian Inscriptions from Ghazni, Afghanistan. New Sources for the Study of Ghaznavid Cultural History and Epigraphic Tradition (5th-6th/11th-12th Centuries)


  • Résumé

    Persian inscriptions from Ghazni may be regarded as both artistic testimonies and original primary sources for the cultural history of the Ghaznavid dynasty (366-582/977-1186). They provide evidence of the Ghaznavid contribution to the rise of New Persian as an epigraphic language complementary to Arabic, and of the distinctive features of its use. Our study focuses on a corpus composed of 228 fragments of Persian poetic inscriptions, 113 of which have remained unpublished until now. These texts, carved onto marble dado panels, were mostly retrieved from a royal palace in Ghazni and recorded by the Italian Archaeological Mission in Afghanistan in the 1950s and 1960s. Through an interdisciplinary approach, we pursue two main goals: firstly, to offer a comprehensive analysis of this epigraphic corpus in order to bring to light any historical data it may disclose. Secondly, to place the Persian inscriptions in context by means of a comparative study of epigraphic and literary sources produced in Ghazni and in the Persianate world between the 5th/11th and the 6th/12th centuries. The spread of Persian epigraphy in the Ghaznavid capital city is confirmed by a set of documents that falls beyond our main corpus and until now has remained unknown. This new evidence provides chronological benchmarks for the use of Persian epigraphy at local and regional levels. We also note the central role played by Persian poetry in the Ghaznavid epigraphic tradition, borrowing the vocabulary of court panegyrists to build up a celebration of royal and Islamic ideals. This particular use finds echoes in other regions of pre-Mongol Iran and gives voice to the cultural policy of Eastern Islamic dynasties.