Signification et rôle du silence dans l’œuvre d’André Gide et de Naguib Mahfouz (La Porte étroite, La Symphonie pastorale, Les Faux-monnayeur et La Trilogie)

par Sahira Hamdan

Thèse de doctorat en Littératures et civilisations comparées

Sous la direction de Françoise Lavocat.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (Paris) , en partenariat avec Centre d'études et de recherches comparatistes (Paris) (laboratoire) et de Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) depuis le 13-11-2012 .


  • Résumé

    RÉSUMÉ Deux écrivains : Gide et Mahfouz, deux visages, l’un occidental, français, l’autre oriental, égyptien d’origine, deux univers de littérature de réputation mondiale reliés dans notre étude par un seul thème : le silence. Diverses sont les similitudes qui se présentent à travers ce thème chez les deux écrivains et dans leurs œuvres. Mais nombreuses sont aussi les divergences. Quel que soit le cas, le thème du silence gidien et mahfouzien peut refléter l’autre visage de la parole, l’art qui consiste à faire taire la parole pour laisser parler le silence. Si le silence est semblable, en apparence, chez Gide et Mahfouz, il est différent quand il s’agit de descendre en détails dans le for intérieur de l’être humain aux prises avec ses évolutions dans des environnements socio-familiaux. La divergence, bien que liée à la situation familiale et sociale, provient aussi de l’éducation des romanciers qui expriment des attitudes personnelles à l’égard d’une incompréhension ou d’une injustice qu’ils ressentent, fruits de leurs propres conditions. Dans le cours de la vie, il y a des plaisirs et des tendres engagements. Certains personnages gidiens utilisent le silence comme un jeu pour marquer leur intelligence et leur pondération face à la course vers les désirs sensuels. Le silence auquel ils ont recours n’est pas l’aveu de leur erreur, mais il reflète une protestation intérieure capable de conduire à une situation de révolte à l’encontre de diverses situations familiales ou sociales. Quant à Mahfouz, qui est avant tout un écrivain réaliste, le silence se présente comme une réalité qui s’impose à la plupart de ses personnages, surtout féminins, une réalité volontairement acceptée et amèrement admise. Dans La Trilogie, les personnages obéissent non seulement par connivence aux règles imposées, mais ils s’arrangent aussi entre eux, dans la plupart des cas, pour que le silence réponde aux conditions familiales et sociales afin de régner obligatoirement.

  • Titre traduit

    Signification and role of silence in work of André Gide and Naguib Mahfouz (La Porte étroite, La Symphonie pastorale, Les Faux-monnayeur and La Trilogie)


  • Résumé

    ABSTRACT Two writers: Gide and Mahfouz, two faces, one western and French, the other Eastern and Egyptian of origin, two universes of literature of world reputation connected in our study by a single theme: silence. There are various similarities in the two writers and in their works. But there are also many divergences. Whatever the case, the theme of Gidian silence and Mahfouzain can reflect the other face of speech, the art of silencing speech to make the silence speak. If the silence is similar, in appearance, with Gide and Mahfouz, is different when it is a question to going down into details in the inner-self of the human being struggling with his evolutions in socio-familial environments. The divergence, although related to the family and social situation, also comes from the education of novelists, who express personal attitudes towards a misunderstanding or an injustice they feel, fruits of their own conditions. In the course of life, there are pleasures and tender engagements. Some Gidean’s characters use silence as a game to mark their intelligence and their weight in face of the race towards sensual desires. The silence they use is not the admission of their error, but it reflects an inner protest capable of leading to a situation of revolt against various family or social situations. As for Mahfouz, who is above all a realistic writer of Eastern tradition, silence presents itself as a reality which imposes itself on most of his characters, especially feminine, a reality that is deliberately accepted and bitterly admitted. In the Trilogy, the characters not only obey the imposed rules, but they also arrange themselves, in most cases, so that silence responds to family and social conditions in order to rule.