Images de gestes, gestes en images : le filmage du travail dans la fabrication de l'acier en France (1896-1981)

par Nadège Mariotti

Projet de thèse en Etudes cinématographiques et audiovisuelles

Sous la direction de Laurent Véray.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Arts & médias (2009-2015 ; Paris) , en partenariat avec Institut de recherche sur le cinéma et l'audiovisuel (Paris) (laboratoire) depuis le 05-10-2012 .


  • Résumé

    Aujourd’hui, les gestes des travailleurs de l’acier ont disparu des mines et de la grande majorité des usines sidérurgiques françaises. Victimes des conjonctures économiques de la fin du XXe siècle, ce savoir-faire n’est plus transmis. En perpétuant la représentation visuelle des gestes techniques, les films industriels participent à leur construction mémorielle. S’appuyant sur un corpus de 309 films industriels, ce travail de recherche a pour objectif de définir les représentations des gestes dans le travail minier et sidérurgique de 1896 à 1981. À la croisée de champs disciplinaires aussi divers que l’histoire des techniques cinématographiques, minières et sidérurgiques ou l’anthropologie filmique, cette étude repose sur une confrontation des films industriels aux sources : archives, presse spécialisée, appliqués aux contextes socio-économiques du travail et aux méthodologies d’analyses filmiques. Cette recherche multiscalaire met en exergue plusieurs constats : le Nord et l’Est de la France dominent les représentations ; les années couvrant la période 1945-1960 sont les plus prolixes en termes de production et de capacité technologique d’enregistrement cinématographique. Les images animées se déclinent en catégories de films industriels dont l’intérieur des sites de production, les procédés de transformation de l’acier et de fonctionnement des machines, sont de plus en plus visibles grâce au perfectionnement des techniques de filmage. La mise en scène de la chaîne opératoire constitue une authentique archive en mouvement. Les gestes analysés et l’évolution de leur présence à l’écran attestent de la récurrence d’un motif spectaculaire et de l’immuabilité de certains gestes. Enfin, les gestes humains ne disparaissent pas avec le développement du machinisme et de la robotisation ; ils s’adaptent et s’éloignent des appareils de production.

  • Titre traduit

    From movement to gesture and from gesture to film. Filming work in the steel industry in France (1896-1981)


  • Résumé

    Victims of the economic circumstances of the late 20th century, the traditional skills associated with mining and the vast majority of French iron and steel mills have today disappeared. The know-how and the heritage of yesteryear is no longer transmitted across the generations. However by visually recording the handling of raw materials, manipulation often involving complex and even elegant gestural movements and actions, industrial films contribute to the collective memory. Based on a corpus of 309 films, this research aims to conserve demonstrations of the skills and behavioural gestures typical of mines and steel plants between 1896 and 1981. At the crossroads of disciplines as diverse as mining and steel production techniques, the history of cinematography and film anthropology, this compilation of films is examined in the context of its sources, archives and the specialised press, as applied to the socio-economic contexts of work and the methodological analysis of film. This multi-scale work reflects that the North and East of France were dominant not only in terms of steel production but also in its preservation on film. Further the years 1945-1960 were the most prolific in both these respects. Moving images are divided into categories of industrial films: the interior of production sites, steel production processes and machine operation, all of which become increasingly clear with the improvement of filming techniques. The depiction of the production process constitutes an authentic cinematographic archive. The analysis of gestures and their on-screen evolution attests to the recurrence of a spectacular pattern and the immutability of certain actions. Interestingly, the human gestures of which there is question here are not always condemned to disappear with the encroachment of mechanization and robots. They may distance themselves from the mechanical devices of production but, in so doing, metamorphose, adapt and survive.