Médias et pouvoirs politiques au Sénégal : étude de la transition d’une presse d’Etat au pluralisme médiatique

par Moustapha Sow

Projet de thèse en Sciences de l'information et de la communication

Sous la direction de Arnaud Mercier.

Thèses en préparation à l'Université de Lorraine , dans le cadre de Ecole doctorale Fernand Braudel (Nancy-Metz) depuis le 21-01-2011 .


  • Résumé

    Cette thèse se propose de revenir sur l’histoire politico-médiatique du Sénégal de l’indépendance à nos jours. Mais, vu le dynamisme politique spécifique de l’ère coloniale dans ce pays , nous aborderons également cette période pour mieux comprendre l’avènement « précoce » du multipartisme au Sénégal par rapport au reste de l’Afrique. Car c’est à partir de cette période qu’est apparu le droit de vote au Sénégal. Mais avec les indépendances, la situation médiatique va connaître d’importants bouleversements avec l’apparition des partis uniques et du « journalisme institutionnel des comptes rendus ». La rupture avec le pluralisme politique précipitée par la crise de 1962 qui signe la fin de l’exécutif bicéphale au Sénégal va donc peu à peu réduire la liberté d’opinion jusqu’à mettre en place un journal unique, la presse d’Etat. Ainsi, commence la manipulation de l’opinion publique par la désignation de journalistes excellant dans l’art de glorifier et de légitimer l’action du président de la république. C’est avec la création d’une loi de la presse en 1979 et le multipartisme naissant ou renaissant que commencent à s’enraciner les bases du pluralisme médiatique qui va, au fur et à mesure que le pays se démocratise, révolutionner le discours politique et bouleverser le monisme idéologique. C’est ainsi qu’au début des années 90 se développe, au Sénégal et dans de nombreux pays africains francophones, une sorte de « médiactivisme » qui jouera un rôle déterminant dans la remise en cause des informations diffusées par la presse d’Etat. Cependant, le développement du pluralisme de la presse au Sénégal soulève, surtout à partir de l’alternance politique en 2000 portant Abdoulaye Wade à la tête du pays, d’énormes interrogations relatives aux pratiques journalistiques. La montée en flèche de la liberté d’expression a donné lieu à des attaques « ad hominem » et à certaines dérives décrédibilisant, aux yeux de certains, la presse privée accusée de s’écarter de son rôle et d’atteindre les préceptes déontologiques qui devraient régir les pratiques journalistiques. L’ensemble de ces éléments nous conduit à adopter comme problématique la question suivante : le pluralisme de la presse au Sénégal constitue t-il une véritable évolution démocratique ? Pour y répondre, nous étudierons les conditions socio-historiques de passage au pluralisme médiatique. Nous chercherons à comprendre les rapports complexes entre politiques et journalistes et les enjeux de pouvoir qui justifient, souvent, les manipulations de l’information


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