Le lyrisme en question dans les films politiques francophones (années 1970-1980)

par Agnès Perrais

Projet de thèse en Sciences de l'information et de la communication

Sous la direction de Vincent Lowy.


  • Résumé

    La notion de cinéma politique est souvent confondue avec celle de cinéma militant ou à thèse. Il nous semble pourtant qu’un certain nombre de grands films politiques ne correspondent pas à cette caractérisation. Si les années 1968 ont vu en France un fleurissement des films militants, certains cinéastes ont construit une œuvre dont le propos politique dépasse la simple défense d’une thèse, malgré leur enracinement dans un réel précis. C’est le cas semble –t-il chez Tanner, Godard, Garrel,Duras, par exemple. Dans le même temps, un certain nombre de ces films se sont détachés d’une ambition didactique qui collait la forme au sujet, et, en procédant davantage par détours, ont assumé un caractère poétique dont notre thèse va interroger la pertinence. Cette reprise d’un lyrisme qui pourrait sembler de prime abord faire retour vers un romantisme consensuel provoque-t-il un affaiblissement voire un court-circuit du propos politique? Il nous semble au contraire qu’il le mène à une puissance inédite. Il faudra alors identifier ce que nous pourrons appeler une voix lyrique au cinéma, et en donner une définition cohérente, afin d’examiner comment ces films, en reformulant l’intime dans le champ du politique, proposent une nouvelle élaboration du sujet en le remettant dans le jeu de la communauté. Il s’agira ainsi de voir comment la manière dont le film tout entier est pensé et mis en œuvre dans son articulation avec un dehors propose une version vectorisée du lyrisme qui ouvre sur le monde plus qu’il ne ferme sur une intériorité, et constitue de ce fait une force polémique et thétique.


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