Indes néerlandaises et culture chinoise. Deux traductions malaises du Roman des Trois Royaumes (1910-1913)

par Ge Song

Projet de thèse en Littératures et civilisations


Sous la direction de Vincent Durand-Dastès.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Langues, littératures et sociétés du monde (Paris) , en partenariat avec Institut national des langues et civilisations orientales (Paris) (établissement de préparation) depuis le 01-10-2012 .


  • Résumé

    Au début des années 1880, un grand nombre de traductions malaises de romans chinois émanant de descendants de Chinois (appelés en malais peranakan) parurent aux Indes néerlandaises sous la forme d’ouvrages imprimés. Nous avons choisi d’en étudier deux, parues simultanément pendant les années 1910-1913, à un moment où la communauté chinoise d’Insulinde essayait de repenser son identité culturelle et politique, sous les angles littéraire, philologique, historique et sociologique. Il s’agit de deux traductions complètes du Sanguo yanyi 三国演义, le plus remarquable des romans historiques chinois traitant de la période des Trois Royaumes. Une analyse textuelle, nous a permis de constater que les traducteurs des deux Sam Kok (titre abrégé couramment utilisé en Indonésie pour désigner le « Roman des Trois Royaumes »), qui n’avaient pourtant qu’une éducation chinoise du premier degré et une connaissance du malais en usage dans les milieux urbains de Java, mais une grande volonté, ont réussi à exprimer toutes les valeurs littéraires et culturelles du Sanguo yanyi. Afin d’examiner l’impact des Sam Kok sur communauté chinoise, nous les avons replacés dans leur contexte historique et dans l’ensemble des traductions parues pendant les années 1880-1910. Nous sommes parvenue ainsi à montrer que grâce à ces traductions, et particulièrement celles du « Roman des Trois Royaumes », les peranakan ont pu obtenir une certaine compréhension de l’histoire et de la culture du pays de leurs ancêtres, lesquelles constituaient aussi une partie de leur passé.

  • Titre traduit

    Dutch East Indies and Chinese Culture. Two Malay Translations of the Romance of the Three Kingdoms (1910-1913)


  • Résumé

    In the early 1880s, the descendants of Chinese immigrants (called Peranakan in Malay) achieved and printed a large number of Malay translations of Chinese novel in the Dutch Indies. We chose to study two translations published simultaneously during the years 1910-1913 when the Chinese community of Insular Southeast Asia was trying to rethink its cultural and political identity from the literary, philological, historical and sociological angles. The research is about two complete translations of the Sanguo yanyi 三国演义, the most remarkable Chinese historical novels that depict the period of Three Kingdoms. Through textual analysis, we found that although the translators of two Sam Kok (abbreviated title commonly used in Indonesia to refer to the “Romance of the Three Kingdoms”) had some rudimentary Chinese education and knowledge of the language Malay used in the urban areas of Java, they exhibited a great willingness to express all the literary and cultural values of the novel Sanguo yanyi. In order to examine the impact of Sam Kok on the Chinese community, we have put them in their historical context and compare them with other Malay translations published during 1880-1910. Consequently, we are able to assert that, through those translations, especially those of Romance of the Three Kingdoms, the peranakan have acquired some understanding of the history and culture of their ancestral country, which also constituted their past.