Le restaurant « TCHARA » : une exploration filmique à la lisière d’un quartier périphérique de Ouagadougou (Burkina Faso)

par Juliette Courel

Thèse de doctorat en Cinéma

Sous la direction de Annie Comolli.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre) depuis le 01-01-2005 .


  • Résumé

    La thèse porte sur le quotidien de femmes exerçant des activités en lien avec l’alimentation, dans la sphère du maquis « Tchara », lieu de restauration populaire situé à la Trame d’accueil de Ouaga 2000, quartier périphérique de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Fondée sur les principes de l’anthropologie filmique, discipline dont l’un des traits caractéristiques consiste dans la valeur heuristique qu’elle accorde à l’expérience cinématographique, l’étude se compose d’une partie filmique et d’une partie écrite, ayant vocation à se compléter. Trois films d’environ une heure chacun, Aminata, la marchande de samsas, Le restaurant Tchara, à la lisère du non-loti et Le dimanche de la patronne, présentent les résultats de l’enquête de terrain, effectuée en 2009, et décrivent les activités quotidiennes des femmes qui se déroulent à l’intérieur et autour du maquis. Les tournages procèdent d’une démarche exploratoire non interventionniste. La découverte et la description des procès observés s’opèrent simultanément ; la mise en scène filmique est soumise à la façon dont les personnes filmées se mettent d’elles-mêmes en scène dans l’espace et le temps. Le texte, outre qu’il donne des clés de compréhension du milieu urbain observé portant l’empreinte du modèle foncier colonial, permet d’expliciter la démarche adoptée et d’apprécier les choix de mise en scène opérés tant au tournage qu’au montage. Il dévoile également, par l’analyse fine des images et des sons enregistrés, les réseaux de solidarité dans lesquels sont insérées les travailleuses du maquis.

  • Titre traduit

    "Tchara" restaurant : a film exploration at the border of Ouagadougou's suburban settlement (Burkina Faso)


  • Résumé

    This thesis bears on the daily lives of women whose work is related to food, around the Tchara ‘maquis’, a working-class catering place in the neighborhood of Trame d’accueil de Ouaga 2000, in the suburbs of Ouagadougou, capital of Burkina Faso. This study is founded on the principles of filmic anthropology, an approach that places heuristic value in the cinematographic experience itself. It is composed of a filmic part and a written part, meant to complete one another. Three movies of approximately one hour each, Aminata, the samsas saleswoman, The Tchara restaurant, on the edge of squatter settlements, and the Boss’s Sunday present the results of a ground research done in 2009 and describe the daily activities of women, in their homes and around the ‘maquis’. The shooting is undertaken with an approach that seeks to intervene as little as possible and to explore as one films. The discovery and description of the observed processes operate simultaneously; the film’s production is a function of the way the persons filmed produce themselves in space and time. The text, other than giving keys to the urban locale that is being observed and the influence of the colonial system of land tenure, exposes the author’s method and allows the viewer to appreciate the director’s choices during shooting and editing. It also unveils, through the fine analysis of the images and sounds recorded, the solidarity networks in which the women who work in the ‘maquis’ are inserted.