Pour une sociologie de la "maison durable" : entre production d'une offre techno-centrée et vécu des habitants.

par Marie Mangold

Thèse de doctorat en Sciences sociales-sociologie

Sous la direction de Philippe Hamman.


  • Résumé

    En plein essor depuis quelques années, les références au « logement durable » et la constitution d’une offre s’inscrivant dans ses objectifs, invitent à analyser les interactions entre le domaine du logement et celui de l’environnement, dans leurs rapports au phénomène urbain et ses évolutions. Cette thèse de sociologie, ouverte à la pluridisciplinarité en sciences sociales (urbanisme et aménagement, ethnologie), retient empiriquement comme cas d’étude la construction de maisons individuelles dans le Grand Est, en Alsace, qui intègrent une réflexion sur la performance énergétique et l’usage de matériaux dits écologiques, en se centrant en particulier sur les espaces périurbains. L’ambition conjointe de cette recherche est double. D’une part, on se propose d’analyser les modalités de production d’une offre de « maison durable » techno-centrée et adaptée à la focale énergétique des politiques environnementales, à partir d’une enquête auprès de maîtres d’œuvre et constructeurs régionaux, en regard des évolutions des cadres juridiques et des marchés immobiliers nationaux. D’autre part, il s’agit de mettre en lumière, par une ethnographie de terrain et la caractérisation des trajectoires des ménages étudiés, le vécu des habitants, leurs appropriations de la « maison durable » et leurs modes de vie. De façon transversale, la thèse nourrit ainsi une réflexion sur l’injonction à la sobriété énergétique et à la responsabilisation individuelle en questionnant le modèle de « maison durable » et ses effets sur les inégalités socio-spatiales.


  • Résumé

    In the early twenty-first century, “sustainable housing” has become a popular catchword, and its goals are increasingly being embraced in the housing sector. This new context calls for analysing the interactions between housing and environment, especially insofar as they relate to the urban phenomenon and its evolutions. This PhD in sociology adopts an interdisciplinary social science perspective (branching out into urbanism, planning and ethnology) in its empirical examination of the construction of individual houses in the Alsace region of France, that take into consideration energy performance and the use so-called “ecological” materials, especially in peri-urban areas. The PhD pursued two main goals. First, based on a study of regional architects and builders, and in light of the evolution of legal frameworks and national real estate markets, it analyses the modalities of production of techno-centric “sustainable houses” that reflect the demands of environmental policies in terms of energy efficiency. Second, based on ethnographical approach and on the characterization of the trajectories of households, it looks into the experiences of residents, their appropriation of the “sustainable houses” and lifestyles. The PhD ultimately offers crosscutting insights into the impact of calls for energy sobriety and individual responsibility by reconsidering the “sustainable house” model and its effects on social and spatial inequalities.