La Quête de l'énoncé vivant. Éléments pour une poétique de la nouvelle chez Marios Hakkas

par Jacques Bouyer

Projet de thèse en Littératures et civilisations

Sous la direction de Stéphane Sawas.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Langues, littératures et sociétés du monde (Paris) , en partenariat avec Institut national des langues et civilisations orientales (Paris) (etablissement de préparation) depuis le 01-10-2012 .


  • Résumé

    Dans les trois recueils de nouvelles publiés par Marios Hakkas (1931-1972) entre 1966 et 1972, la disparité entre les textes est manifeste. Trop souvent ignorée des critiques, elle s’explique par une diversité des approches énonciatives : les nouvelles-discours s’imposent au détriment des nouvelles-récits. Formellement construite comme un récit, la nouvelle prend de plus en plus la forme d’un discours à la première personne. L’objectif de la thèse a dès lors été d’étudier ce qui détermine une évolution faisant passer de la forme narrative, parfois convenue et idéologiquement marquée, à un type de discours non dogmatique, centré sur le sujet et libéré des contraintes formelles du récit. L’hétérogénéité des formes narratives est liée tant à la mutation des acteurs du récit que sont le narrateur et les personnages qu’au recentrage de la nouvelle sur la quête d’un savoir. Car c’est un énonciateur-sujet qui prend la relève du narrateur sans qu’on sache toujours très bien s’il s’agit de l’auteur lui-même, atteint d’un cancer, ou d’un être de fiction. Menant un travail d’interprétation dans le chaos des signes où il manque de disparaître, il tente de saisir sa propre identité, contribuant ainsi à refonder la nouvelle. Ce genre finit par s’enraciner dans une matière et sur une structure mobiles, se détournant de toute forme prédéterminée et univoque, privilégiant en tout cas une organisation ouverte aux affects et aux possibles. La nouvelle reprend vie et devient un énoncé vivant.


  • Résumé

    In the three collections of short stories published by Marios Hakkas (1931-1972) between 1966 and 1972, the discrepancy between the texts is obvious. Too often overlooked by critics, it can be explained by a wide range of enunciative approaches: discourse-short stories establish themselves at the expense of narrative-short stories. Formally built as a narrative, the short story looks more and more like a first-person speech. The aim of the thesis has been from then on to study what determines the evolution from the narrative form, sometimes conventional and ideologically committed, to a non-dogmatic speech, focused on the subject and relieved from the narrative’s formal constraints. The heterogeneity of narrative forms is related to both the transformation of story actors, namely the narrator and the characters, and to the short story being focused on a search of knowledge. For it is a subject-enunciator who takes over from the narrator without being clearly known whether he is the author himself, affected by a cancer, or a fictional being. Engaging in an interpretation through the chaos of signs where he nearly disappears, he tries to grasp his own identity, thus contributing to the short story’s rebuilding. This genre ends up taking root in a material and on a structure, that are both mobile, turning away from any predetermined and unequivocal form, privileging in any case an organization which is open to affects and to the possible. The short story comes back to life and becomes a living utterance.