Recherche auprès de Chemkara, enfants de la rue de Casablanca, approches transculturelle et psychopathologique.

par Asmaa Takhssaoui

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Marie Rose Moro.

Thèses en préparation à Paris 13 , dans le cadre de Ecole doctorale erasme depuis le 08-12-2006 .


  • Résumé

    Les « Chemkara », c’est ainsi que sont appelés les enfants des rues au Maroc. Ce sont des enfants autres, différents, pouvant déranger, ils vivent dans cet ailleurs : la rue. Ils connaissent un exil et une errance à la fois psychiques et physiques. Marginalisés, clochardisés et toxicodépendants, ils sont singuliers par leur fonctionnement, parce qu’ils ne sont plus inscrits dans la sphère familiale et sociale. Ils se situent dans un espace autre, traumatique et violent qui connaît ses propres lois, perturbant ainsi les repères et les fondements non seulement psychiques mais aussi sociaux et culturels. Qui sont ces enfants ? Qu’est-ce qui a, dans leur histoire individuelle et collective, provoqué ce passage vers la rue ? Comment se construisent-ils dans cet espace ? Quels sont les relations qu’ils entretiennent avec les autres et avec la rue ? Ce travail de recherche s’est construit à partir de questionnements, et tente de rendre compte à partir de récits de vie, recueillis auprès de douze garçons vivant dans les rues de Casablanca, des souffrances, des traumas, de l’errance et des parcours de ces enfants. Le travail de narration nous permet une approche compréhensive de leur fonctionnement psychique. Sont également interrogés les processus de filiation et d’affiliation, les relations intrafamiliales, les stratégies de survie mises en place, leur toxicodépendance et la construction d’une « identité de la rue ». Les mouvements contre-transférentiels constituent également une donnée essentielle dans notre étude, où le clinicien chercheur est confronté à l’altérité de l’autre et à celle dont il est lui-même porteur. Notre recherche ouvre ainsi un champ d’investigation des plus vastes, un champ métissé faisant appel à la psychanalyse, à l’ethnologie, à la sociologie… à une méthodologie et une approche complémentaristes. Elle tente d’apporter un éclairage clinique sur la question des enfants de la rue au Maroc.

  • Titre traduit

    Research on Chemkara, Street Children in Casablanca, transcultural and psychopathological approaches


  • Résumé

    The "Chemkara" thus are called street children in Morocco. These are odd children, different, they can disturb, and they live in this way: the street. They know an exile and a wandering at a time mental and physical. Marginalized, tramp, drug addicts and they are unique in their functioning because they are no longer enrolled in the family and social sphere. They fit in another traumatic and violent space that knows its own rules, disrupting the benchmarks and foundations not only psychological but also social and cultural. Who are these children? What was, in their individual and collective history, caused this passage to the street? How do they build themselves in this space? What are their relationships with the others and with the street? This research is built from questions and tries to account from life stories, collected from twelve boys living in the streets of Casablanca, suffering, trauma, wandering and paths of these children. The work of narration allows us a comprehensive approach to their mental functioning. We also questioned the process of filiation and affiliation, family relationships, survival strategies implemented, their drug addiction and the construction of a "street’s identity". Counter-transference Movements’ are also essential in our study, in which the clinician researcher is confronted with the Otherness of the other and its own one. Our research opens up a larger field of investigation, mixed field using psychoanalysis, ethnology, sociology… and complementary methodology and approach. It attempts to provide a clinical perspective concerning street children in Morocco.