Le siège en arbitrage international

par Martial Pernet

Projet de thèse en Droit

Sous la direction de Éric Loquin.

Thèses en préparation à Dijon , dans le cadre de Ecole doctorale Langages, Idées, Sociétés, Institutions, Territoires (Dijon) depuis le 31-10-2012 .


  • Résumé

    En matière internationale, le tribunal arbitral n’a d’autre choix que de se fixer sur le territoire d’un état afin de rendre sa sentence. Le choix de cet « État hôte » emporterait alors fixation du siège de l’arbitrage international. Mais quel choix faire ? Comment ? Par qui ? Que faire en cas d’incertitude dans ce choix ? Quels effets cette fixation aura ensuite lors de la création du tribunal, du rendu et de l’exécution de sa sentence, ou encore du choix des lois applicables ? Il n’est pas une réponse unique à ces simples questions. Pour cause, le droit de l’arbitrage international accorde une importance variable à la notion de siège, en ce sens qu’elle dépendra principalement de la vision que l’on a de la place et de la source de l’arbitrage relativement à la justice étatique. C’est par l’étude des différents courants de pensée philosophique, retenus par l’un ou l’autre des États, que nous pourrons expliquer les différentes représentations qui existent au sein de la communauté juridique internationale de la notion de « siège arbitral ». Basiquement, cette recherche se concentrera sur la source de la juridicité de la sentence arbitrale. Plus l’on considèrera que la sentence puise sa source dans l’ordonnancement juridique de l’État dans lequel se situe le tribunal, plus l’on considérera que l’arbitrage et l’arbitre font partie intégrante de cet ordonnancement, plus, alors, le droit du siège aura de prise sur le déroulement du processus arbitral et sur la vie de la sentence. Ainsi, après l’étude des différentes conceptions philosophiques de l’arbitrage puis des représentations du siège s’y rattachant – au passage de laquelle nous constaterons une révolution de la théorie dominante, passant d’un modèle juridictionnel à un modèle délocalisé – il faudra nécessairement se diriger vers l’analyse des conséquences résultant d’un impact plus ou moins fort de ce siège sur le processus arbitral. Régulièrement battue en brèche, la notion de siège n’en demeure pas moins persistante. Ce constat forcera la légitimité de l’étude de l’actuelle utilité du siège se révélant notamment en cas de défaillance du tribunal arbitral dans sa mission (ex : appel au juge d’appui,…). Seulement les visions des États sur l’arbitrage n’étant pas identiques, il ne faudra pas oublier de s’attarder pour finir sur les liens qu’entretiennent les décisions du siège et les décisions des États pouvant être concernés par le rendu d’une des sentences du siège. Si ces liens peuvent être cordiaux (grâce à la convention de New York de 1958 et à la CNUDCI par exemple), ils peuvent aussi être le prétexte de l’affrontement indirect d’États et de leur vision sur l’arbitrage (anti[-anti]-suit injonction, exequatur de sentences annulées au siège,…). <courriel:martial.pernet@u-bourgogne.fr>

  • Titre traduit

    International Arbitration Seat


  • Résumé

    In international matters, an arbitral tribunal has no other choice but to settle on the territory of a state to deliver its award. The choice of this "host State" would determinate the seat of international arbitration. But what choice do? How? By whom? What to do in case of uncertainty of this choice? What effects will have this setting during the creation of the tribunal, during the rendering and the execution of its sentence, or even the choice of law? There is no single answer to these simple questions. Indeed, international arbitration law attaches a variable importance to the concept of seat, in that it will mainly depend on the vision that we have of the place and the source of arbitration relative to the state justice. It is through the study of various philosophical schools of thought, held by one or other States, that we can explain the different representations that exist within the international legal community to the concept of "arbitral seat". Basically, this research will focus on the source of the award’s juridicity. The more we will consider that the award draws its legal validity from the legal system of the State in which the court is, the more we will consider that the arbitration and the arbitrator are an integral part of this schedule, the more we will include, then, that the law of the seat will be taken into account during the conduct of the arbitration process and award’s life. Thus, after the study of different philosophical conceptions of arbitration and representations relating thereto seat - in which analysis we will see a revolution of the dominant theory from a jurisdictional model to an a-national model - it will be necessary to analyze the consequences of a more or less strong impact of the seat on the arbitral process. Regularly demolished, the seat notion remains persistent. This observation will force the legitimacy of the study of the current usefulness of the seat revealed for example in case of failure of the arbitral tribunal in its mission (i.e. appeal to the “juge d’appui”, ...). Nevertheless, because States views on arbitration are not identical, we won’t forget to dwell finally on the link between the decisions of the seat and the decisions of the States that may be concerned by the rendering of seat awards. If these links can be cordial (thanks to the New York Convention of 1958 and the UNCITRAL for example), they can also be a pretext for an indirect confrontation of States and their views on arbitration (anti [- anti]-suit injunction, enforcement of awards canceled at the seat ...). <e-mail: martial.pernet@u-bourgogne.fr>