Les Cahiers du Cinéma dans les années soixante-dix : enjeux esthétiques de la représentation de l’Histoire et de la mémoire des luttes populaires

par Frédéric Chandelier

Projet de thèse en Arts du spectacle : Cinéma


Sous la direction de Antoine de Baecque.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre) , en partenariat avec Histoire des arts et des représentations (Nanterre) (laboratoire) depuis le 16-11-2012 .


  • Résumé

    Cette thèse traite de la période durant laquelle les Cahiers du Cinéma ont appliqué une lecture idéologique aux films populaires. Elle met en exergue les débats et les différentes théories critiques développées autour de la représentation de l’histoire des luttes populaires au sein du cinéma français, italien et américain de 1973 à 1978. Ce travail analyse les articles parus dans la revue à partir de la prise en charge de la rédaction par Serge Daney et Serge Toubiana. Le changement qui intervient alors au sein de la revue est indissociable d’un désir de retour à une critique renouant avec le cinéma après une période marquée par l’engagement politique de la rédaction depuis 1968. Les retrouvailles avec cette critique filmique encore empreinte de militantisme passent par une lecture des intentions idéologiques que recouvrirait le cinéma populaire. Les films sont appréhendés par la revue tels des moyens pour la classe bourgeoise de rendre naturelle sa conception du monde, de la société et de l’Histoire. C’est aux côtés des philosophes Michel Foucault, Jacques Rancière et de l’historien Marc Ferro que les critiques des Cahiers vont affiner une approche historiographique de la représentation des masses populaires au cinéma. De la France de Charles de Gaulle au programme socialiste de François Mitterrand en passant par l’arrivée au pouvoir de Valéry Giscard d’Estaing, la rédaction des Cahiers du Cinéma focalise son analyse sur les mutations et les ruptures qui caractérisent les gouvernements se succédant. Ce travail revient sur les différentes lectures que les critiques développent à l’endroit du découpage de films historiques et documentaires traitant de mouvements révolutionnaires tels que mai 68, sur les films ayant recours à des images d’archives, sur la décontextualisation politique du discours tenu par le militantisme ainsi que sur la fonction sociale et historique que les critiques des Cahiers du Cinéma ont théorisée en s’appuyant sur des films tels que Moi, Pierre Rivière..., Le petit Marcel, Milestones ou encore Jonas qui aura 25 ans en l’an 2000.

  • Titre traduit

    The Cahiers du Cinéma in the seventies : aesthetic issues : history and memory in the representation of social struggles


  • Résumé

    This thesis concerns the period in which the Cahiers du Cinéma applied an ideological reading to popular film. It highlights the debates and various critical theories concerning social struggles within French, Italian and American cinema from 1973 until 1978. This work analyses the articles published in the Cahiers after Serge Daney and Serge Toubiana began managing the magazine. The changes which then occurred showed an intrinsic desire to revive film criticism after a period marked by the political commitments of the editorial staff (dating back to 1968). This merging of film criticism with a militant approach was achieved through a reading of the ideological intentions hidden within popular cinema. Film was understood by the magazine as a way for the bourgeois class to normalize its conception of the world, society and history. Along with the philosophers Michel Foucault, Jacques Rancière and the historian Marc Ferro, the critics of the Cahiers would go on to refine a historiographical approach of the representation of the working-class masses. From Charles de Gaulle’s France to Valéry Giscard d’Estaing’s election and to François Mitterrand’s socialist program, the editorial staff of the Cahiers du Cinéma focused its analysis on the transformations and fractures which characterized successive governments. This work reflects on the different readings that the critics developed, regarding the editing of historical and documentary films which recorded revolutionary movements like the May 1968 events. It also looks at the way films resorted to archive images, and the political decontextualization of the militant discourse, as well as the social and historical function that the critics of the Cahiers du Cinéma theorized, drawing from films such as Moi, Pierre Rivière..., Le petit Marcel, Milestones or Jonas qui aura 25 ans en l’an 2000.