Libéralisme, socialisme et conservatisme chez John Stuart Mill

par Camille Dejardin

Projet de thèse en Science politique

Sous la direction de Philippe Raynaud et de Pierre Manent.

Thèses en préparation à Paris 2 , dans le cadre de École doctorale histoire du droit, philosophie du droit et sociologie du droit (Paris) depuis le 21-11-2012 .


  • Résumé

    Héritier de Bentham et de James Mill, John Stuart Mill infléchit pourtant la doctrine de l’utilité, réconciliant principes utilitaires et idéalisme moral. Économiste et philosophe politique d’obédience libérale, dans la lignée de Smith et Ricardo, Mill se fait pourtant le défenseur de la justice sociale et de l’émancipation des femmes, proche en cela des socialistes Fourier ou Proudhon. Considéré à cet égard comme un progressiste, il prône pourtant une éducation et une culture élitistes ancrées dans les humanités et visant à l’universalité du savoir. Enfin, économiste dit « classique », Mill n’en illustre pas moins un pan délaissé de l’économie du XIXe siècle, d'inspiration malthusienne, qui envisage la prospérité des sociétés comme un « état stationnaire ». En cela, il participe d'une nébuleuse proto-écologique dont les thèses trouvent une résonance actuelle. Ainsi, penseur politique au confluent des courants structurants du XIXe siècle, John Stuart Mill s’avère, selon la formule de Kolakowski, un « conservateur libéral socialiste ». C’est la complexité de sa pensée que notre travail de doctorat vise à restituer. Nous nous attacherons donc, d’une part, à retracer de manière monographique le parcours intellectuel et théorique de Mill, afin d’en rendre la richesse, les nuances et les ambivalences éventuelles ; et, d’autre part, à mettre en lumière, tout en nous gardant des anachronismes, le caractère visionnaire ou toujours pertinent de certaines de ses considérations, qui peuvent proposer une réponse ou un éclairage nouveau à des questionnements pourtant postérieurs.


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