La migration antifasciste de la Ligurie à la France dans l’entre-deux-guerres : familles et subjectivité à travers les sources privées

par Emanuela Miniati

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Marie-Claude Blanc-Chaléard et de Fabio Caffarena.

Thèses en préparation à Paris 10 en cotutelle avec l'Università degli studi (Gênes, Italie) , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec IDHE laboratoire UMR 8533 (laboratoire) depuis le 19-01-2012 .


  • Résumé

    Cette recherche porte sur la migration antifasciste de la Ligurie à la France dans l’entre-deux-guerres et montre comment elle s’adressa en particulier vers le Sud-Est et Paris. Il ne s’agit pas d’une étude générale mais centrée sur l’expérience des gens ordinaires et des familles migrantes. Il faut contextualiser l’expression «gens ordinaires» soit du point de vue historique, soit sociale et culturelle: en examinant les caractéristiques des sujets ligures impliqués dans l’exil antifasciste, dans leur territoire d’origine, cette catégorie devient un instrument précieux au fin de sonder de l’intérieur les dynamiques de network de la société. J’ai assumé une optique bilatérale: italienne – plus attente au problème politique même qu’au retour des fuoriusciti – et française, immigratoire, intéressée aux processus d’intégration -, puisque l’exil se greffa dans la migration de masse du premier après-guerre, en suivant les rapports tissus entre les contextes de départ et d’arrivé. En dépassant les paramètres nationaux classiques des études migratoires et d’exil, on va comprendre les multi-références des migrants, le «double-localisme» qui les rattache à leur communauté d’origine et au même temps à celle émigrée. L’étude régionale adoptée permette de suivre des réseaux transnationaux liés à une très remarquable identité de village et/ou de parti politique, ce qui représente une typique modalité migratoire transalpine qui ne s’organisait pas selon des «Little Italies», mais plutôt selon des «petits villages italiens». L’analyse diachronique des sources privées porte à marcher sur les traces de parcours individuels et en comparant ceux-ci on va reconstruire les réseaux: les flux des premiers exilés se tressaient avec les mobilités de proximité, en s’insérant dans des communautés d’ancienne date dans le Sud-Est; ce fut là que la présence d’une colonie ligurienne enracinée favorisa des stabilisations définitives. Par contre les militants plus politiquement structurés, notamment les communistes, ils partaient plutôt plus tard, envoyés à se battre sur les fronts internationaux de l’antifascisme, et ils suivaient pour la majorité d’entre eux des nouvelles voies, vers Paris. Les parcours des exilés ligures au début de la guerre ne s’éloignaient pas de ceux de leurs compatriotes, ou moment où la contingence précarisa la situation d’émigrés des italiens. La plus part de ceux qui restaient au-delà des Alpes montra une certaine incapacité à se ranger de l’un ou de l’autre côté: une immigration au caractère désormais familial fut amenée à rester dans le territoire d’installation, qui assurait dans le Sud-Est des réseaux de solidarité et des acquisitions matériaux. Par contre, les antifascistes les plus encadrés dans les partis et les dirigeants avaient plutôt tendance à rentrer en Italie, surtout ceux qui venait de Paris: si l’on jette un regard aux sources privées, on voit mûrir une conscience inédite de la mission politique dont les antifascistes se sentirent investis, une idée patriotique de l’antifascisme, destinée à racheter leur Pays laissé beaucoup d’années auparavant. L’approche régionale choisi ne se réduit pas aux apports micro-historiques, mais il mette en évidence la complexité des réseaux et des causes de la migration antifasciste, où des macrostructures interagissaient avec des rapports de micro-communauté et l’initiative individuelle: le récit traditionnel d’un exil d’élite laisse la place à une dimension familiale et «ordinaire» des migrants, pendant que les modalités de structuration des réseaux se révèlent s’être configurées - grâce au approche prosopographique - selon des connaissances informelles tenues ensemble par les communauté migrants. Les sources privées permettent de découvrir une prépondérante dimension familiale concernant la migration antifasciste: cette constatation représente un des résultats les plus évidents et significatifs de ma recherche. La culture civique de l’antifascisme s’est développée à l’intérieur des familles italiennes, liées entre elles par des solidarités populaires, celles qui ont constitué une société civile non pas consentant. Le choix antifasciste, autant plus dans le contexte migratoire, ouvrit dans les familles émigrées des espaces de ʺmarchandageʺ des rôles de genre et générationnels traditionnels; les choix des hommes, femmes et fils insérés dans les réseaux micro-communautaires ont marqué les temps, les parcours et les modalités d’installation. Un égard sur les protagonistes permette de saisir le rôle joué par l’agency individuelle et micro-communautaire dans la construction de la société civile antifasciste et, en même temps, d’évaluer l’impact concret des histoires de l’époque sur des gens ordinaires dans la société de masse. Identité, famille, genre, communauté et réseaux constituent les catégories fondamentales dans l’étude des protagonistes de cette histoire. Néanmoins, on ne rejette pas les concepts de classe et nation, au contraire on va les réévaluer grâce à l’expérience concrète des individus et ils représentent des résultats ils-même de cette recherche. D’ailleurs on ne néglige non plus l’antifascisme militant, de la base aux directions, italien et international. On se propose toutefois de l’étudier du point de vue du vécu des protagonistes, des modulations des identités propres à eux. Comment se déroulait-il la réintégration des exilés revenus en Italie, cela reste une questionne historique encore ouverte. Les rapports constants entretenus entre France et Italie à travers les liens familiaux des micro-communautés transnationales, et puis surtout la migration antifasciste de retour, ils ont mis en évidence une particulière participation populaire des fuoriusciti à la reconstruction de l’Italie du deuxième après-guerre. Les antifascistes rentrés en patrie allèrent constituer les cadres de la Résistance et la nouvelle classe dirigeante républicaine; mais pas seulement, la culture familiale de l’antifascisme, renouvelée et ʺcimentifiéeˮ à l’étranger par la socialité migrante, exerçât un rôle substantiel dans la formation civique de l’individu, en transmettant de génération en génération les valeurs du soi-disant «familisme antifasciste». C’est peut-être une ressource civique familiale qui pourrait aller constituer un atout pour affronter la dis-éducation politique qui tourmente aujourd’hui l’Italie, en proie d’une crise vue juste en clé économique et non pas culturelle et sociale. Mémoire et historiographie dans l’Hexagone ont évalué d’une manière complexe et contradictoire le rôle joué par les antifasciste restés en France dans la reconstruction du Pays au lendemain de la guerre: si une partie d’entre eux y prit partie dans les termes de main d’œuvre e d’immigration de peuplement, pas rares furent les partisans italiens militants dans la Résistance française. Dans les deux cas, les italiens “de” France ont subi pour la plus part un processus d’assimilation, accusés du “coup de poignard dans le dos”: en désirant se défaire d’une identité nationale encombrante, ils finirent pour se confondre parmi la foule de la société française, oubliés non pas seulement par la France gaulliste mais aussi par l’Italie, qui déniait le ʺlimbeʺ de l’exil face au rachat de la Résistance vainquant.

  • Titre traduit

    Antifascist Migration from Liguria to France in the Interwar Period : families and Subjectivity through Ego-Documents


  • Résumé

    This research focus on antifascist migration from Liguria to France, explaining how it has been mostly toward the South-East and Paris. It doesn't target general studies: its focal point, indeed, is on common people and migrant families’ experience. The “Common people” expression must be historically, socially and culturally contextualized. By examining the topics of Ligurian subjects involved in the Interwar period exile, identified in their own original territory, the common people category becomes a precious instrument to evaluate society network dynamics from inside. I’ve assumed a bilateral point-of-view: Italian – much more careful about the political problem and the fuoriusciti came back – and French – immigration focused, dedicated to integration processes; the exile, in fact, plugged itself on after-I World War mass migration beyond the Alps, following the relations between departure and arrival contexts. By overtaking the classical national paradigm of migrations and exiles studies, we can understand migrants’ multi-references, their “double localism” which bounds them to their original community and, at the same time, to the migration one. The regional study allows to follow transnational networks with a strong native town or party identity, a typical Italian migration modality in France, which organized itself in “petits villages italiens” rather than the American model of “Little Italies”. The diachronic analysis based on “ego-documents” makes tracking individual footprints possible and the comparison between these records brings to the networks reconstruction: the first exiles fluxes crossed proximity mobilities by inserting themselves in ancient immigrant communities in the South-East; here the presence of a deeply-rooted Ligurian colony supported a definitive stabilization. Most structured militants -mostly communist- left later instead: they were sent to fight on international antifascist fronts and followed new paths, particularly towards Paris. Ligurian exiles’ itineraries at WWII eve didn’t part from those of their compatriots, when the contingency made uncertain their condition of immigrants. The majority of who have remained in France showed a lack of resoluteness in choosing sides: migration was, by the time, family based so immigrants were induced to remain in the installation territory, which - regarding the South-East - assured a solidarity network and material acquisitions. The most politically set antifascists and party chiefs, instead, leaned towards a comeback in Italy, from Paris above all: if we look at the ego-documents, we can observe growing up an unknown, unprecedented, awareness of the political mission of which they felt appointed, a patriotic idea of antifascism, designed to release the Country they left many years before. The regional approach doesn’t restrict itself to micro-history contributions, it highlights instead the complexity of networks and causes of antifascist migration, where macro-structures interacted with micro-community relationships and individual initiatives: the standard story of an élite exile leaves room to the familiar and “common” dimension of migrants, and the political network structuration modality reveals itself – thanks to the prosopographic approach – to have been structured by informal introductions, relationships, hold together by migrants communities. The ego-documents let us discover a preponderant familiar dimension in the antifascist migration: this verification represents one of the most evident and substantial results of my research. The civic culture of the antifascism has been developed inside Italian families, bounded between them by popular solidarities, who have constituted a dissenter civil society. The antifascist choice, even more so in the migration, opened for the emigrated families new spaces to “negotiate” gender and generation traditional roles; various choices of men, women and children integrated in the micro-communitarian networks have marked times, itineraries and installation modalities. The gaze on the protagonists lets to catch the individual and micro-communitarian agency role in the construction of the antifascist civil society and to value the concrete impact of that age happenings on the common people in the mass society. Identity, family, gender, community and network are the founding categories in the protagonists’ study of this story. Nevertheless, class and nation concepts are not rejected, rather they’re revalued in the light of the concrete individuals’ experience and they represents themselves some results of this research. Otherwise, it’s not neglected the militant antifascism, from the base to the summit, Italian and international. However it’s proposed to study it by the side of the protagonists’ past and by their identities modulations. How it occurred that the exiles re-integration came back to Italy remains an opened historical question yet. The constant relations kept between Italy and France through the familiar transnational micro-communities bonds and in addition, above all, the return antifascist migration have revealed a particular popular participation to Italian reconstruction after the Second World War. The antifascists who came back to their homeland will constitute the Resistance chiefs and the new republican class in charge; the family culture of the antifascism, restored and much more bonded abroad by migrant sociability, exercised a substantial role in the civic individual formation, passing down from one generation to another the “antifascist familism” values. A civic familiar resource who could maybe represent an atout taking on the political and civic miseducation who troubles Italy today, a Country grasped in a crisis described just with an economic tone and not, instead, cultural or social. Memory and historiography in France have valued in complex and contradictory ways the role of antifascists whom remained in their Country in the after-war reconstruction: if a part of them participated there in terms of manpower and population immigration, not few were militant partisans in the Resistance. In both cases, Italians “of” France were mostly subjected to an assimilation process, accused of the “coup de poignard dans le dos”: wishing to get rid of a cumbersome national identity, they ended up mixing themselves in the French society, forgotten not only by the gaulliste France but also by Italy, that denigrated the “limbo” of the exile in front of the Resistance redemption.


  • Résumé

    Questa ricerca riguarda la migrazione antifascista dalla Liguria alla Francia e mostra come essa si rivolse in particolare verso il Sud-Est e Parigi. Non si tratta di uno studio generale ma centrato sull’esperienza della gente comune e delle famiglie migranti. L’espressione “gente comune” deve essere storicamente, socialmente e culturalmente contestualizzata: esaminando le caratteristiche dei soggetti liguri coinvolti nell’esilio del primo dopoguerra calati nel territorio d’origine, la categoria di gente comune diviene uno strumento prezioso per scandagliare dall’interno le dinamiche di network della società. Ho assunto un’ottica bilaterale italiana - più attenta al problema politico e al ritorno dei fuoriusciti - e francese - immigratoria, interessata ai processi d’integrazione -, dacché l’esilio si innestò sulla migrazione di massa del primo dopoguerra oltralpe, seguendo i rapporti fra contesto di partenza e di arrivo. Superando l’impostazione nazionale degli studi migratori e d’esilio, si comprende la multireferenzialità dei migranti, il “doppio localismo” che li lega alla comunità d’origine e a quella emigrata. Lo studio regionale consente di seguire reti transnazionali dalla spiccata identità di paese o partito, tipica modalità migratoria italiana oltralpe che non si è organizzata in “Little Italies” all’americana ma in “petits villages italiens”. L’analisi diacronica di fonti private permette di seguire i singoli percorsi e la comparazione tra essi porta a ricostruire le reti: i flussi dei primi esuli si incrociavano con le mobilità di prossimità inserendosi in comunità immigrate di antica data nel Sud-Est; qui la presenza di una colonia ligure radicata favorì la stabilizzazione definitiva. I militanti più strutturati, in particolare comunisti, partivano invece più tardi, inviati a combattere sui fronti internazionali dell’antifascismo, e seguivano perlopiù vie nuove, verso Parigi. I percorsi degli esuli liguri alla vigilia della guerra non si discostarono da quelli dei connazionali, quando la contingenza precarizzò la loro situazione di emigrati. La maggior parte di chi restò oltralpe mostrò una certa incapacità di schierarsi: un’immigrazione a carattere ormai familiare fu indotta a rimanere nel territorio di installazione, che assicurava nel Sud-Est reti di solidarietà e acquisizioni materiali. Gli antifascisti più inquadrati nei partiti e i dirigenti tendevano invece a rientrare, soprattutto da Parigi: se si guarda alle fonti private, si vede maturare un’inedita consapevolezza della missione politica di cui essi si sentirono investiti, un’idea patriottica dell’antifascismo, volta a riscattare il Paese lasciato tanti anni prima. L’approccio regionale non si riduce ad apporti micro-storici, ma pone in evidenza la complessità di reti e cause della migrazione antifascista, in cui macrostrutture interagivano con rapporti micro-comunitari e con l’iniziativa individuale: il racconto di un esilio di élite lascia il posto alla dimensione familiare e “comune” dei migranti e le modalità di strutturazione delle reti politiche si rivelano, grazie all’approccio prosopografico, essersi configurate secondo conoscenze informali tenute insieme dalle comunità migranti. Le fonti private fanno scoprire una preponderante dimensione familiare nella migrazione antifascista: questa constatazione rappresenta uno dei risultati più evidenti e significativi della mia ricerca. La cultura civica dell’antifascismo si è sviluppata all’interno delle famiglie italiane, legate fra loro da solidarietà popolari, che hanno costituito una società civile dissenziente. La scelta antifascista, tanto più nella migrazione, apriva nelle famiglie emigrate spazi di contrattazione dei ruoli di genere e generazionali tradizionali; le scelte di uomini, donne e figli inseriti nelle reti micro-comunitarie hanno marcato tempi, percorsi e modalità di installazione. Lo sguardo sui protagonisti permette di cogliere il ruolo dell’agency individuale e micro-comunitaria nella costruzione della società civile antifascista e di valutare l’impatto concreto delle vicende del tempo sulla gente comune nella società di massa. Identità, famiglia, genere, comunità e reti sono categorie fondamentali nello studio dei protagonisti di questa storia. Nondimeno non si rigettano i concetti di classe e nazione, ma anzi si rivalutano alla luce dell’esperienza concreta dei singoli e rappresentano risultati della ricerca. Non viene d’altro canto trascurato l’antifascismo militante, dalla base ai vertici, italiano e internazionale. Ci si propone però di studiarlo dal punto di vista del vissuto dei protagonisti e nelle modulazioni delle loro identità. Come si svolse la reintegrazione degli esuli tornati in Italia resta una questione storica ancora aperta. I rapporti costanti mantenuti fra Italia e Francia attraverso i legami familiari delle micro-comunità transnazionali, e poi soprattutto la migrazione antifascista di ritorno, hanno palesato una particolare partecipazione popolare alla ricostruzione in Italia. Gli antifascisti rientrati in patria andarono a costituire i quadri della Resistenza e la classe dirigente repubblicana; non solo, ma la cultura familiare dell’antifascismo, rinnovata e cementata all’estero dalla socialità migrante, esercitò un ruolo sostanziale nella formazione civica dell’individuo, trasmettendo di generazione in generazione i valori del “familismo antifascista”. Una risorsa civica familiare che potrebbe costituire un atout nell’affrontare la diseducazione politica e civile che affligge oggi il nostro Paese in preda a una crisi vista solo in chiave economica. La memoria e la storiografia hanno valutato in modo più complesso e contraddittorio il ruolo degli antifascisti rimasti in Francia nella ricostruzione: se una parte di essi vi partecipò in termini di manodopera e immigrazione di popolamento, non pochi furono partigiani attivi nella Résistance. In entrambi i casi, gli italiani “di” Francia subirono perlopiù un processo di assimilazione, accusati della “pugnalata alla schiena”: desiderosi di disfarsi di un’identità nazionale ingombrante, finirono per confondersi nella società francese, dimenticati non solo dalla Francia gaullista ma anche dall’Italia che denigrava il “limbo” dell’esilio.