La question de la moralité dans l'éthique néo-aristotélicienne depuis G.E.M. Anscombe

par Pierre Goldstein

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Carole Talon-Hugon.

Thèses en préparation à Nice , dans le cadre de École doctorale Lettres, sciences humaines et sociales (Nice) depuis le 16-10-2012 .


  • Résumé

    Dans son article de 1958, « La philosophie morale moderne », G.E.M. Anscombe dénonce l’incohérence de la philosophie morale contemporaine. Cette dernière prétend donner un sens à la notion de devoir « moral » tout en rejetant l’idée de soumission à la loi divine qu’elle implique. Anscombe suggère qu’un retour à l’éthique aristotélicienne pourrait résoudre cette difficulté à condition notamment que le concept de « vertu » soit rigoureusement élucidé. A sa suite, des théoriciens comme Alasdair MacIntyre ou Martha C. Nussbaum ont critiqué ce que Bernard Williams a appelé le « système de la moralité » qui caractérise la philosophie morale moderne par rapport à l’éthique des Anciens. Une éthique de la vertu s’inspirant d’Aristote devrait-elle par conséquent renoncer à toute idée de moralité et à la notion d’un bien « moral » ? Tous les disciples d’Anscombe ne le pensent pas. Anscombe elle-même cherche parfois à définir ce que serait un bien spécifiquement « moral » dans le cadre d’une éthique des vertus à partir de la notion aristotélicienne de « fonction propre » de l’homme. Julia Annas ou Rosalind Hursthouse n’hésitent pas aujourd’hui à définir l’action vertueuse en termes de « moralité ». Mais comment concevoir la moralité en dehors du cadre du « système de la moralité », indépendamment de l’idée d’une obligation vis-à-vis d’une loi ? Le naturalisme des néo-aristotéliciens contemporains est-il compatible avec l’idée de bien « moral » ? Chercher à répondre à ces questions, c’est mettre à l’épreuve la puissance de ce type d’éthique par rapport à ses concurrentes contemporaines – les morales de type kantien notamment.


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