La notion d'engagement dans l'œuvre d'Andrés Rivera : pacte de lecture et Pacte social

par Inés Echeverria

Projet de thèse en Etudes ibériques et ibéro-américaines

Sous la direction de Elvire Gomez-Vidal.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec AMERIBER-Amérique latine, Pays ibériques (Pessac, Gironde) (equipe de recherche) depuis le 15-11-2012 .


  • Résumé

    Cette thèse centrée sur l'œuvre d'Andrés Rivera, auteur argentin né à Buenos Aires en 1928 et lauréat de plusieurs prix littéraires en Argentine, montrera la porosité qui existe entre le monde de la fiction et le monde réel et donnera à réfléchir à la notion d'engagement et de pacte dans le roman. La notion d'engagement dans cette œuvre ne sera pas abordée qu'à travers un angle idéologique ou historique. Ce qui nous intéresse c'est plutôt de voir comment dans l'écriture de Rivera transparaît une vraie exigence morale, une vraie volonté de prise de hauteur pour penser l'être humain et ses grands questionnements. Son œuvre romanesque est un appel vers le dehors, vers le monde réel, vers le lecteur qu'elle interroge. On peut considérer qu'il se noue un pacte entre la fiction et le réel, entre le roman et son lecteur. Il nous importe donc de penser cette place particulière attribuée au lecteur, au centre de ce pacte. Il ne s'agit pas alors de laisser de côté l'aspect sociologique de la question, d'autant plus que l'auteur lui-même est engagé dans la société. Le but est plutôt de repenser le concept de narrataire en se penchant sur les techniques narratives pour répondre à ces interrogations: Dans quelle mesure et selon quelles modalités la fiction noue-t-elle un pacte avec le lecteur qui n'est plus un simple récepteur, mais un agent dans la société qui peut prolonger le pouvoir de l'œuvre de fiction? L'œuvre de Rivera ne témoigne-elle pas d'un besoin de la fiction de sortir d'elle-même pour conclure un pacte avec le monde? Nous réfléchirons alors à la notion d'engagement dans la mesure où elle permet de rendre compte de cette rencontre entre le texte et le monde. L'œuvre d'Andrés Rivera semble tout à fait apte à faire réfléchir sur les notions de « pacte de lecture » de « pacte social » car elle met en place une stratégie de double engagement, de la part du texte, mais aussi de la part du lecteur : l'écriture s'engage car elle n'est jamais neutre. Elle est toujours porteuse d'un message ne serait-ce qu'à travers l'affirmation de la voix d'un narrateur choisi; et étant toujours à la recherche d'un être capable de la déchiffrer, l'œuvre littéraire exige du lecteur un engagement et un travail interprétatif. Les romans de Rivera se prêtent à ce travail par leur construction complexe et par la force des voix et des sujets qui les composent.


  • Résumé

    This thesis which is centred around the works of Andres Rivera, an Argentinean author who was born in Argentina in 1928 and has won several literature prizes in his country, will show us the porosity that exists between the world of fiction and the real one and make us think about the notion of commitment and pact in the novel. The notion of commitment will not exclusively be dealt with through an ideological or historical point of view. We are rather interested in seeing how Rivera’s writing style lets show a real moral demand, a real desire for a noble consideration of the being and his big questionings. Rivera’s novels are a call to the outside world, the real world and to the reader they question. We can consider that a pact is established between fiction and reality, between the novel and its reader. So what matters is that we think about that special place the reader is given: at the heart of this pact. Therefore we must consider the sociological side of the issue, all the more as the author himself is involved in the society. The aim is rather to rethink the concept of the addressee by looking into the narrative techniques to answer the following questions: ‘To what extent and depending on which terms does the fiction establish a pact with the reader who is not an ordinary addressee anymore but an agent in the society and who can extend the power of the work of fiction? Don’t Andres Rivera’s works show that fiction needs to come out of itself to strike a deal with the real world? Consequently, we will think about the notion of commitment as much as it helps to account for the encounter of the text with the real world. Andres Rivera’s literary works can absolutely make us think about the notions of ‘reading pact’ and ‘social pact’ because they establish a strategy of double commitment, from the text but also from the reader: writing commits itself because it’s never neutral. It always has a message if only through the assertion of the voice of a chosen narrator; and still in search of a being who could decipher it, the literary work demands a commitment and an interpreting work of the reader. Rivera’s novels lend themselves to this work by their complex construction and the strength of the voices and subjects they are made up of.