Économie de la gratuité

par Catherine Gbedolo

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Jörg Guido Hülsmann.

Thèses en préparation à Angers , dans le cadre de Ecole doctorale Droit, Economie-Gestion, Sociétés, Territoires (Nantes) , en partenariat avec Groupe de recherche angevin en économie et management (laboratoire) depuis le 17-10-2011 .


  • Résumé

    Cette thèse répond au défi lancé par Benoît XVI (2009), qui avait appelé toutes les personnes de bonne volonté à réfléchir sur le rôle de la gratuité dans l’économie et la société. Nous avons tâché de relever ce défi sur le plan scientifique, avec les outils et les démarches de l’analyse économique. Sur la base d’une revue systématique de la littérature économique portant sur la gratuité, nous avons essayé de rassembler des éléments pour donner un contenu à une « théorie des biens économiques gratuits ». Cette démarche nous a permis de définir ces biens gratuits, leurs formes et manifestations, et de comprendre leurs principales causes et conséquences. Une attention particulière a été accordée à l’étude de la « gratuité non intentionnelle », omniprésente dans la vie économique. Cette forme de gratuité émane, d’un côté, spontanément du processus de production et, d’un autre côté, des activités des entrepreneurs et des génies créatifs. Une implication forte de ce résultat est que la recherche de profit, stimulus de l’entrepreneur, n’est pas en soi opposée à la production de biens économiques gratuits ; bien au contraire, elle en est une cause. Peu d’économistes apprécient la gratuité non intentionnelle à sa juste valeur. En exagérant la portée réelle de conceptions théoriques telle la maximisation du profit et la concurrence atomistique, la plupart des économistes en appellent à l’État pour limiter les activités marchandes et pour assurer la production de biens économiques gratuits. Il est donc vrai, mais dans un sens assez paradoxal, que l’économie de marché pourrait s’ouvrir davantage à la gratuité si les économistes eux-mêmes travaillaient moins à la réduire dans ce champ.

  • Titre traduit

    Economics of Gratuitousness


  • Résumé

    Benedict XVI (2009) has called upon all persons of good will to reflect upon the role of gratuitousness in economy and society. The present thesis responds to that challenge on the level of scientific inquiry, with the tools and the methods of economic analysis. Starting from a systematic review of the economic literature dealing with gratuitousness, we have tried to assemble conceptual elements to build a “theory of gratuitous economic goods”. Thus we have defined the nature of such gratuitous goods, their forms and manifestations, and analysed their principal causes and consequences. We have bestowed particular attention to the study of “unintentional gratuitousness” – an omnipresent phenomenon in economic life. This form of gratuitousness emanates, on the one hand, spontaneously from the market process and, on the other hand, from the activities of entrepreneurs and creative geniuses. A strong implication of this finding is that the profit motive, the stimulus of entrepreneurial action, is not per se in opposition to the production of gratuitous economic goods; quite to the contrary, it is one of their causes. Few economists have understood the nature and role of unintentional gratuitousness. Most of them, by exaggerating the scope of theoretical concepts such as the maximisation of profits and atomistic competition, call for the government to limit the scope of for-profit activities and to promote the production of gratuitous economic goods. Thus it is true, though in a quite paradoxical sense, that the market economy could allow for much more gratuitousness if only the economists themselves did less to prevent this from happening.