Compter les Espagnols. Etat libéral, administration locale et recensements de population dans l’Espagne de la seconde moitié du XIXe siècle

par Mathieu Aguilera

Projet de thèse en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Jean-François Chanet et de Juan Pro Ruiz.

Thèses en préparation à Paris, Institut d'études politiques en cotutelle avec l'Universidad Autonoma de Madrid , dans le cadre de Institut d'études politiques (Paris). École doctorale depuis le 01-10-2011 .


  • Résumé

    La thèse se propose d’analyser la mise en œuvre, par l’Etat libéral espagnol, des premiers recensements de population dits ‘modernes’, de 1857 au début du XXe siècle. Le Censo general de la población réalisé à partir de mars 1857 apparaît en effet comme la première opération de dénombrement menée à l’échelle nationale. Les censos successifs de la période intègrent ensuite dans la publication finale des résultats les territoires coloniaux. Ces entreprises reposent sur la centralisation d’une information de type démographique, qui relève des compétences municipales (empadronamiento), et s’appuient sur l’activité d’assemblées (juntas) locales composées de représentants des pouvoirs et notabilités municipales. Dès lors, c’est en partant de l’étude fine des liens entre administration centrale, provinciale et municipale, et en prenant en compte les multiples agents mobilisés, que l’on se propose de suivre, au plus proche des réalités et des stratégies des pouvoirs locaux et provinciaux, la constitution d’une statistique des populations. Celle-ci s’élabore dans un contexte de réformes administratives, fiscales et militaires qui reconfigurent, tout au long de la période, les rapports entre oligarchies locales et gouvernement central. On s’attachera pour cela à varier les lieux et échelles d’observation, en péninsule et outre-mer, dans la capitale et dans les provinces forales, en milieu urbain et dans les campagnes, afin de spécifier les rapports multiples que chaque communauté locale entretient avec l’administration d’un Etat libéral encore en construction. Le dénombrement et le classement des sujets de la Couronne sont ici envisagés comme des ‘pratiques d’Etat’ : elles mettent en jeu une grande densité de rapports sociaux et reposent sur des procédures d’indentification multiples. Les recensements de la période, au-delà d’un outil démographique et d’ingénierie sociale aux bases mal assurées, apparaissent alors comme l’un des instruments d’objectivation de la cuestión social qui émerge pendant la Restauration


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