La politisation en terrain militant « radical ». Ethnographie d’un squat d’activités de l’Est Parisien.

par Colin Robineau

Thèse de doctorat en Sciences de l'information et de la communication

Sous la direction de Valérie Devillard.


  • Résumé

    Le porte-parolat, c’est-à-dire parler au nom d’un groupe mais aussi en sa faveur, constitue un acte de communication au centre du travail politique. Il reste pourtant peu étudié par les sciences de l’information et de la communication, ce qui en fait un objet d’étude relativement neuf. L’étude du porte-parolat politique est un moyen de réinterroger la "crise de la représentation" puisque la légitimité des politiques à représenter les classes populaires se trouve confrontée à une concurrence croissante d’acteurs situés en dehors de la sphère politique (associations, intellectuels, artistes…). L’émergence de ces nouveaux prétendants au porte-parolat amène alors à réfléchir à ses effets sur la représentation (au sens du mandat, de la délégation) et aux images attribuées aux classes populaires. D’un côté, ce constat conduit à penser la redéfinition des représentations médiatiques des classes populaires selon de nouveaux rapports de force pour l’obtention du label « porte-parole ». D’un autre côté, il invite à se demander comment la concurrence de ces nouveaux prétendants modifie les comportements, les représentations, et les stratégies de communication des partis et des acteurs politiques vis-à-vis des classes populaires. Cette thèse autour du porte-parolat permettra d’étudier de manière originale les logiques sociales qui sous-tendent la représentation politique des classes populaires dans les médias – et a fortiori la représentation qui en est donnée.Descripteurs : Acteurs critiques ; Actions collectives ; Communication ; Espaces publics ; Médias ; Militantisme ; Mobilisations ; Mouvements sociaux ; Politisation ; Participation politique ; Sociologie de l’engagement

  • Titre traduit

    Politisation in « radical » activist field. Ethnography of an anarchist squat in the East of Paris


  • Résumé

    Abstract: This doctorate thesis is based on a two-year-long participant observation within “La Kuizine”, a social center squat in East Paris that was opened by Marxist and/or Anarchist activists. This piece presents itself as a contribution to the study of the renewal of critical enterprises and protest practices and offers empirical work that can aid in the understanding of public spaces today. A large portion is dedicated to ethnographic material in this thesis – the work here adopts a perspective that borrows both from the interactionist tradition of the third school of Chicago and from the sociology of Pierre Bourdieu in order to reveal the mechanisms of domination (re)produced within “La Kuizine” and the forms of “lateral possible” that are experimented within this space. Indeed, the activist group responsible for founding this squat had as its main goal to make it a space of “class solidarity” by organizing various workshops (including a sliding scale donation daily meal) for workers and inhabitant of the neighborhood. The modus operandi of the space is self-management and collective decision making. The social and communicational analysis of this space is at the crossroads between several fields of research: political science, sociology, anthropology and communication studies. Thus, this doctorate thesis studies various objects in a cross-disciplinary manner: the social construction of radical commitment, the relations to the political and media fields of a micro-protest-space, the processes of political socialization as well as the conditions for the possibility of a critique of the social order.Activism; Collective action; Communication; Critical actors; Mobilization; Political socialization and participation; Public spaces; Social movements; Sociology of commitment.