Tuer l'idéal. L'anti-romantisme de Zola et des naturalistes

par Florence Beillacou

Thèse de doctorat en Histoire et critique littéraires, rhétorique

Sous la direction de Éléonore Roy-Reverzy.

Thèses en préparation à Sorbonne%20Paris%20Cit%C3%A9 , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (Paris) , en partenariat avec Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) et de Centre de Recherches sur les Poétiques du XIXe siècle (Paris) (laboratoire) depuis le 06-09-2012 .


  • Résumé

    Dès le début de sa carrière littéraire, Zola se bat contre le romantisme. C’est en grande partie autour de cette polémique qu’il cherche à fédérer le groupe naturaliste, dont le recueil de 1880 "Les Soirées de Médan", auquel participent à ses côtés Céard, Maupassant, Hennique, Alexis et Huysmans, proclame l’existence. La haine affichée du romantisme unit les auteurs naturalistes dans un même combat contre l’-isme d’hier, en faveur d’une nouvelle esthétique et d’un nouveau mouvement de pensée : le naturalisme. La stratégie médiatique et collective mise en place par Zola pour faire de cette polémique anti-romantique un événement, permet aux naturalistes d’occuper le terrain de l’édition et du journal. Mais c’est aussi à travers l’opposition au romantisme que les naturalistes construisent leur propre esthétique, profondément anti-idéaliste, et se positionnent sur des questions telles que le rapport de la littérature à la société et à la politique. Enfin, la polémique anti-romantique informe également les œuvres de fiction. Si le personnage naturaliste apparaît souvent comme une victime de la culture romantique, le discours critique des naturalistes dans les romans passe également par la défiguration ou le dépassement de clichés considérés comme typiquement romantiques. Le métadiscours de certains romans naturalistes permet d’insérer la polémique anti-romantique au sein de la fiction, souvent de façon critique et réflexive.

  • Titre traduit

    Killing the ideal. Anti-Romanticism in Zola and the Naturalists


  • Résumé

    From the beginning of his literary career, Zola fought against Romanticism.This opposition allowed him to build the unity of the Naturalist movement, a movement which first sprung into existence with the publication of "Evenings at Médan" (1880), the collection of short stories co-written with Céard, Maupassant, Hennique, Alexis and Huysmans. Naturalist authors, united by their hatred for Romanticism, joined forces against yesteryears’ dominant movement to defend a new aesthetics and a new school of thought: Naturalism. Thanks to Zola’s efforts to publicise this controversy, Naturalists gained visibility in the press and the publishing sector. It is largely through this opposition to Romanticism that Naturalists developed their own, deeply anti-idealistic aesthetics, and defined their positions on issues such as literature’s relation to society and politics. Their anti-Romantic stance further shaped their works of fiction. Naturalist characters often appeared as victims of Romantic culture. Moreover, Naturalist authors developed their critical discourse by dismantling clichés considered as typically Romantic. Through the novel’s metadiscourse, they inserted anti-Romantic polemic in the fiction, in an often critical and self-reflexive way.