L'intégration régionale dans les Grands Lacs : analyse comparée Rwanda/Burundi

par Jérémy Revillon

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Christian Thibon.

Thèses en préparation à Pau , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales et humanités (Pau) depuis le 15-10-2012 .


  • Résumé

    Le Rwanda et le Burundi sont parfois dénommés les « pays frères » de la région des Grands Lacs. Cette appellation provient essentiellement des caractéristiques ethniques communes au sein de leur population : une majorité est Hutu, une minorité est Tutsi et on retrouve aussi quelques Twa. Ils partagent une position géographique enclavée et ont eu une histoire coloniale similaire (d'abord allemande puis belge). Ils sont ensuite passés dans le giron de la francophonie après leur indépendance, le 1er juillet 1962. S'en sont suivies trente années de conflits récurrents sur une base principalement ethnique. La décennie 1990 fut sanglante pour les deux pays, entre des coups d’état, une guerre civile et un génocide. Cette histoire commune prend cependant fin au cours de la décennie 2000. Le Rwanda devient le bon élève des bailleurs de fonds internationaux, avec des données économiques en forte haute et une intégration régionale considérée comme réussie. Dans le même temps, le Burundi reste sujet à une véritable instabilité politique qui ne permet pas un décollage économique. Cette situation se ressent dans l'intégration régionale du pays, parfois compliquée. Les deux États sont membres des mêmes organisations régionales : la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC), la Communauté Économique des Pays des Grands Lacs (CEPGL), le Marché Commun de l'Afrique Orientale et Australe (COMESA) et le Nile Basin Initiative. La seule différence fut l'intégration du Rwanda au Commonwealth en 2009. La Communauté d'Afrique de l'Est est l'organisation régionale la plus active. Après avoir réussi à mettre en place une union douanière en 2005, elle fut la première organisation africaine à instaurer un marché commun, en 2010. Ses principaux projets sont maintenant l'union monétaire, et, enfin, l'intégration politique. Le Rwanda et le Burundi ont intégré cette région anglophone en 2007. Ils ont ainsi rejoint les trois membres fondateurs : le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie. Mais leur intégration ne s'est pas faite de la même manière : alors que le Rwanda est considéré comme la locomotive de l'intégration au sein de la Communauté d'Afrique de l'Est, le Burundi est vu comme « l'enfant négligé ». Des observateurs est-africains pensent même qu'il faut « un scandale sexuel » pour que l'on évoque le pays dans la presse régionale. Dans le même temps, ils réclament que le port de Mombasa soit « donné à Kagamé », afin qu'il soit mieux géré. L'objectif de cette recherche sera d'analyser les différentes stratégies d'intégration régionale des deux pays, et les résultats qui en découlent. Dans quelles mesures la volonté politique du Rwanda de s'insérer dans la Communauté d'Afrique de l'Est est-elle différente de celle du Burundi ? Comment le Rwanda a-t-il réussi sa transition linguistique, créant ainsi les possibilités de son succès ? Pourquoi le Burundi semble-t-il être un partenaire relégué au second plan ? Quid de la CEPGL, maintes fois relancée au cours des deux dernières décennies, mais qui peine à se développer, dans un climat de conflit récurrent dans l'est de la République Démocratique du Congo ? Nous évoquerons également la COMESA, organisation principalement économique, et l'initiative du Bassin du Nil, revenu au premier plan à la suite des tensions entre l’Égypte et l’Éthiopie.

  • Titre traduit

    Regional Integration in the Great Lakes Region : comparative analysis Rwanda/Burundi


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  • Titre traduit

    Regionale Integration in der Ostafrikanische Gemeinschaft : vergleichende Analyse von Ruanda/Burundi


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