Le baptême dans les Eglises réformées de France (vers 1555-1685) : un enjeu confessionnel. : l'exemple des provinces synodales de l'Ouest

par Margaretha Dieleman

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Didier Boisson.

Thèses en préparation à Angers , dans le cadre de École doctorale Sociétés, temps, territoires (Angers) , en partenariat avec TEMOS (Temps, Monde, Sociétés), Equipe de recherche (laboratoire) depuis le 15-10-2012 .


  • Résumé

    A partir de 1555, le catholique royaume de France connaît l’implantation d’Eglises dites réformées selon l’Evangile. Opposés sur de nombreux sujets théologiques, catholiques et réformés reconnaissent toutefois mutuellement la validité du baptême reçu dans l’autre confession. Cette thèse explore la réalité de cette reconnaissance mutuelle et l’apport du baptême à l’identité réformée, en privilégiant les sources des provinces synodales de l’Ouest. D’une part, elle s’appuie sur une étude de textes (Confession de foi, Discipline ecclésiastique, la Forme d’administrer le baptême, catéchismes, sermons…) et de la controverse religieuse. D’autre part, elle s’intéresse à la pratique à travers des registres de baptêmes, délibérations des consistoires et actes de synodes, ego-documents, l’iconographie et la réglementation royale. Les principales tensions concernent d’abord les cérémonies du baptême catholique, pour ensuite se cristalliser autour de la doctrine catholique de la nécessité absolue du baptême pour le salut des enfants, révélant en parallèle des divisions internes aux réformés. Le « rituel » du baptême, selon les textes et des récits d’observateurs, reflète une sobriété de la liturgie. La présentation des enfants au baptême par des parrains et marraines est soumise à des règles précises sous le contrôle des consistoires ; elle sert ainsi la cohésion de la communauté. Les actes de baptêmes révèlent un vocabulaire et des modèles de parrainage particuliers, tandis que la préférence pour un prénom de l’Ancien Testament n’est que partiellement confirmée. Le pouvoir royal se sert du baptême comme instrument dans sa volonté de ramener les réformés à la foi catholique, avant de l’interdire par l’édit de Fontainebleau (1685), révoquant l’édit de Nantes. Les résultats montrent le baptême réformé comme élément d’une identité confessionnelle réformée.