Les identités comme questionnement dans l’oeuvre romanesque de Jesús Díaz

par Laurence Clément

Thèse de doctorat en Langues et Littératures romanes

Sous la direction de Raúl Caplán.

Thèses en préparation à Angers , dans le cadre de École doctorale Sociétés, Cultures, Echanges (SCE) (Angers) , en partenariat avec Langues, Littératures, Linguistique des Universités d'Angers et du Maine (3L.AM - UPRES EA 4335), Laboratoire (laboratoire) depuis le 09-12-2008 .


  • Résumé

    Jesús Díaz est un auteur cubain dont le parcours de vie et la production littéraire sont intimement liés à la révolution et à la manière dont celle-ci a infléchi la société et induit des changements dans la perception de l’identité nationale. Ses premiers textes rendent compte de son adhésion sans failles au processus révolutionnaire, alors que ses six romans sont le reflet de ses doutes et du désenchantement. On peut les lire comme le journal d’une désillusion, le constat amer d’une identité écartelée. L’avènement de l’Homme Nouveau n’aura pas lieu et les personnages des trois premiers romans de Díaz verront s’effondrer leurs certitudes, leurs convictions et les croyances sur lesquelles ils avaient bâti leurs espoirs. Ceux des trois romans suivants vont au-delà de l’adieu à la Révolution ; ils doivent se réconcilier avec l’absurdité de l’existence et les contraintes de l’Histoire pour redonner un sens à leur vie. Tous les grands sujets liés à l’identité sont présents dans l’oeuvre romanesque de Jesús Díaz, que ce soit la question raciale, l’insularité, la question de l’identité par rapport à l’altérité et le lien controversé mais indéfectible entre les Cubains de l’intérieur et ceux de l’exil, la question de l’articulation entre identité individuelle et collective ou encore les concepts de cubanía et cubanidad. Ainsi, les six romans de Jesús Díaz forment une oeuvre dont l’unité ne dépend pas de la continuité narrative ni de la récurrence de personnages ou de lieux. L’ensemble constitue cependant un tout cohérent qui permet la redéfinition du concept de cubanité comme un processus constamment remis en cause par les aléas de l’Histoire et du contexte mondial.

  • Titre traduit

    The identities as questioning in the Jesús Díaz’s novels


  • Résumé

    Jesus Diaz is a Cuban author whereby the course of his life and his literary production are intimately linked to the revolution and the manner of which it influenced the society and induced changes to the perception of the national identity. His first texts tell of his unwavering adherence to the revolutionary process, his six novels on the other hand, reflect his doubts and disenchantment. They can be read like the diary of a disillusion, the bitter acknowledgment of a torn apart identity. Succession of a New Man will not happen and the characters of Diaz's first three novels, will see the collapse of their certitudes, convictions and beliefs on which they had built their hopes. Those of the three following novels go beyond the farewell of the revolution. They must reconciliate with the absurdity of existence and restraints of history to give a new sense to their life. All the major subjects linked to identity are present in Diaz's work, whether it is a racial question, the insularity, the identity question with regards to the otherness and the controversial and the indestructible link between domestic Cubans and those in exile, the articulation question between the individual and collective identity, the notions of cubanía and cubanidad. Therefore, Jesús Díaz's six novels compose of a work whereby each unit is neither dependent on the narrative continuity nor the recurrence of the characters nor the places. Together they constitute nevertheless a coherence which allow the redefining of the cubanity concept like a process being constantly questioned by the unknown historical factors and the global context.