Recouvrements à base de dextrane pour applications médicales.

par Eléonore Michel

Thèse de doctorat en Genie biologique et medical

Sous la direction de Diego Mantovani et de Didier Letourneur.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Galilée (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis) , en partenariat avec Université Paris 13 (établissement de préparation) depuis le 16-12-2010 .


  • Résumé

    L’ingénierie des biomatériaux a connu un essor prodigieux ces dernières décennies passant de matériaux simples à des structures plus complexes, particulièrement dans le domaine cardiovasculaire. Cette évolution découle de la nécessité des biomatériaux de permettre la synergie de différentes propriétés, dépendantes de leurs fonctions, qui ne sont pas forcément toutes compatibles. Historiquement, les premiers matériaux utilisés dans la conception de dispositifs médicaux étaient ceux présentant le meilleur compromis entre les propriétés physico-chimiques, mécaniques et biologiques que nécessitait leur application. Cependant, il se peut que le dispositif possède les bonnes propriétés physico-chimiques ou mécaniques, mais que sa biocompatibilité soit insuffisante induisant ainsi des complications cliniques. Afin d’améliorer ces propriétés biologiques tout en conservant les propriétés de volume du matériau, une solution est d’en modifier la surface. L’utilisation d’un revêtement permet alors de moduler la réponse biologique à l’interface biomatériau-hôte et de diminuer les effets indésirables. Ces revêtements sont optimisés selon deux critères principaux : la réponse biologique et la réponse mécanique. Pour la réponse biologique, les deux approches principales sont de mettre au point des revêtements proactifs qui engendrent l’adhérence, la prolifération ou la migration cellulaire, ou passifs, qui, principalement, sont inertes et empêchent l’adhérence de composés biologiques. Des revêtements plus complexes utilisent les deux approches permettant l’adhérence spécifique de certaines cellules tout en empêchant l’adhérence d’autres composants biologiques. Cette pratique est très utile pour lutter contre la resténose, complication survenant après opération de l’athérosclérose qui obstrue les vaisseaux sanguins. Une pratique courante est la pose d’un stent qui permet d’ouvrir l’artère de nouveau et de rétablir le flux sanguin. Le phénomène de resténose obstrue de nouveau le vaisseau sanguin, majoritairement par la prolifération incontrôlée de cellules musculaires lisses. La recherche sur les revêtements contre la resténose vise à inhiber la prolifération de ces cellules tout en facilitant la ré-endothélialisation. Les revêtements permettraient alors, à la fois de favoriser l’adhérence et la prolifération de cellules endothéliales et de limiter celles des cellules musculaires lisses à la surface du stent ou en limitant toute adhérence non-spécifique. Il a été démontré lors d’études précédentes qu’un copolymère à base de dextrane et de poly(méthacrylate de butyle) (PBMA) répondait à ces critères biologiques et qu’il possédait en plus une bonne résistance à la déformation, paramètre important lié à la déformation induite lors de l’implantation d’un stent. L’approche de ce projet était d’utiliser ce copolymère comme revêtement de stent et d’en améliorer la stabilité à long terme en formant des liens covalents avec le substrat. Pour ce faire, cela nécessitait l’activation de la partie dextrane du copolymère afin de pouvoir le greffer au substrat. Il était important de vérifier pour chaque étape l’influence des modifications effectuées sur les propriétés biologiques et mécaniques des matériaux obtenus, mais aussi d’un point de vue de la chimie, l’influence que cette modification pouvait induire sur la réaction de copolymérisation. iv Dans un premier temps, le dextrane est modifié par oxydation et carboxyméthylation puis greffé à des surfaces fluorocarbonées L’analyse physico-chimique des polymères de dextrane modifiés versus leur greffage permet de choisir une voie de modification préférentielle qui n’empêchera pas ultérieurement la copolymérisation. La carboxyméthylation permet ainsi d’obtenir un meilleur recouvrement de la surface tout en conservant la structure polysaccharide du dextrane. Le greffage du dextrane carboxyméthylé (CMD) est ensuite optimisé selon différents degrés de modification, tenant compte aussi de l’influence que ces modifications peuvent induire sur les propriétés biologiques. Finalement, les CMD précédemment étudiés

  • Titre traduit

    Dextran-based coatings for medical applications.


  • Résumé

    , avec des propriétés biologiques définies, sont copolymérisés avec des monomères de méthacrylate de butyle. Les copolymères ainsi obtenus ont été ensuite caractérisés par des analyses physico-chimiques, biologiques et mécaniques. Ceux-ci ont présenté des propriétés mécaniques intéressantes, montrant une bonne résistance à la déformation, ainsi que des propriétés anti-adhérentes vis-à-vis des cellules. La réponse biologique obtenue avec ces copolymères n’était pas celle espérée pour l’application initiale visée, certes, mais elle ouvre la voie à des applications médicales qui nécessitent des revêtements anti-adhérents, ou encore antibactériens et antithrombogènes.