Produire des valeurs scolaires dans toutes les classes ? : flux et fictions dans l'enseignement et les établissements

par Maxime Jouvenceau

Projet de thèse en Sociologie


Sous la direction de François Vatin.


  • Résumé

    Cette thèse a pour objectif d’analyser les mécanismes qui organisent les flux des élèves et des étudiants dans le système scolaire français. La différenciation des carrières des élèves se fait essentiellement au lycée et a des conséquences en termes d’inégalités des apprentissages et d’orientation ultérieure dans l’enseignement supérieur. Les différences relatives aux apprentissages sont une des raisons de l’affaiblissement du contrat didactique entre les enseignants et les élèves. Les élèves qui fréquentent les segments les moins valorisés de l’enseignement secondaire sont conscients de leur situation de relégation et ont de faibles espérances scolaires. Ceux des meilleures séries de baccalauréat ont de fortes espérances car ils acquièrent des « valeurs scolaires » reconnues dans l’enseignement supérieur ou sur le marché du travail. L'existence d'un baccalauréat à statut unique, mais de fait organisé en séries différenciées permet une mobilité scolaire à la marge tout en produisant une insidieuse fiction d’égalité. En conséquence, la capacité de formation de l’organisation scolaire et son efficacité en termes d'apprentissage sont réduites. La focalisation sur l'unique question de l'inégalité scolaire apparaît in fine comme un obstacle à la bonne compréhension de ce qui se joue dans l'institution scolaire et à l'identification des mécanismes qui pourraient, ne serait-ce qu'à la marge, améliorer son fonctionnement pour tous. L'enjeu serait d'étudier les possibilités d'optimisation d'apprentissage de l'ensemble des élèves, quelles que soient leurs origines sociales et leurs parcours scolaires, soit de chercher à maximiser la production de « valeurs scolaires » pour tous.

  • Titre traduit

    Produce educational values in all class(es) ? : fluxes and fictions in educational institutions


  • Résumé

    The object of this thesis is to analyse the mechanisms governing the fluxes of pupils and students in the French education system from ethnographical and statistical angles. Differentiation of the pupils' careers takes place essentially in high school, the second cycle of secondary education. This differentiation has consequences in terms of inequalities of learning and thereby of the subsequent paths followed in higher education. The differences as regards academic learning are one of the reasons why the educational contract between teachers and pupils is losing impetus. Pupils engaged in the least valued sectors of secondary education are aware of their second-best status and consequently do not place great expectations in their academic future. Pupils following the "best" streams of the baccalauréat can entertain high hopes as they acquire an "academic ranking" which is acknowledged in higher education or on the job market. The organisation of the baccalauréat streams allows a marginal academic mobility but an insidious fiction of equality blankets the mechanisms governing the fluxes. This fiction results in the pupils believing less not only in the educational institution but also in their cursus. Analysis of the mechanisms involved in the educational system should question their "usefulness" and their "efficiency" rather than their strictly equalitarian functioning. This analysis standpoint enables the possibilities of maximisation of the pupils' acquisition of knowledge and, more broadly speaking, of their "academic values" to be envisaged, whatever their academic class or social background.