Insurance Risks as Fictitious Commodities. The Institutional Constitution of Insurance Markets

par Mathieu Charbonneau

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Philippe Steiner et de Aaron Doyle.

Thèses en préparation à Sorbonne université en cotutelle avec Carleton university (Ottawa) , dans le cadre de École doctorale Concepts et langages (Paris) , en partenariat avec GEMASS (Paris) (laboratoire) depuis le 13-07-2012 .

  • Titre traduit

    Les risques assurantiels comme marchandises fictives : la constitution institutionnelle des marchés d’assurance


  • Résumé

    Cette thèse contribue au champ émergeant de la sociologie de l’assurance en déplaçant l’analyse de la construction épistémique et culturelle de l’assurabilité privée vers la constitution politico-juridique des marchés d’assurance. Il s’agit de comprendre pourquoi les données actuarielles et les connaissances extra-actuarielles ne représentent pas des conditions suffisantes au fonctionnement des marchés d’assurance. Suivant Karl Polanyi, je formule une théorie de la constitution institutionnelle (CI) des marchés et le concept de risques assurantiels comme marchandises fictives. Je soutiens que l’organisation institutionnelle des incertitudes empiriques en tant que risques assurantiels fictivement marchandisés constitue le déterminant fondamental de l’assurabilité. Cette thèse expose d’abord une analyse historique de la construction du droit des assurances en Angleterre (1664-1774) démontrant l’instabilité du marché des assurances et sa tendance à générer de l’incertitude, et ce, depuis ses origines. Elle offre ensuite l’étude de cas centrale de la CI du marché canadien de l’assurance médicaments dans le contexte actuel de l’arrivée des médicaments de spécialité onéreux. Cette thèse présente deux conclusions générales. Premièrement, la gouvernance assurantielle génère des instabilités et dépend de la marchandisation fictive des risques assurantiels grâce à la réduction et au contrôle politico-juridiques et non-concurrentiels des incertitudes sous-jacentes. Deuxièmement, le processus de marchandisation fictive peut exiger la démarchandisation des « mauvais »


  • Résumé

    This dissertation aims at shifting the focus in the emerging sociology of insurance literature from the epistemic and cultural construction of private insurability towards the political-legal constitution of insurance markets. It investigates why the availability of actuarial data and/or extra-actuarial knowledge of risks are insufficient conditions for the functioning of the insurance business. Following Karl Polanyi, I develop a theory of the institutional constitution of markets and the concept of insurance risks as fictitious commodities. I claim that the institutional organization of substantive uncertainties as fictitiously commoditized insurance risks accounts for the basic determinant of insurability. This dissertation first presents an historical analysis of the construction of insurance law in England from 1664 to 1774, demonstrating that the private insurance market proved unstable and generated uncertainty from its inception. The dissertation then presents a central, contemporary case study of the institutional constitution of the Canadian prescription drug insurance market in the context of the arrival of the new high cost specialty medicines. I reach two key findings. First, insurance capitalization itself generates instabilities and depends on the fictitious commoditization of substantive uncertainties into insurance risks by virtue of political-legal and non-competitive reduction and control of the underlying uncertainties. Second, the fictitious commoditization process can involve the decommoditization of “bad” insurance risks by their distribution across the diversity of the modes of economic integration.