Transferts d’apprentissage et domaines de connaissances dans les écoles bilingues dioula/français au Burkina Faso : les mathématiques au primaire

par Oumar Lingani

Thèse de doctorat en Sciences du langage

Sous la direction de Colette Noyau.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Connaissance, langage et modélisation (Nanterre) depuis le 06-09-2012 .


  • Résumé

    Les élèves éprouvent des difficultés dans l’utilisation de leurs acquis linguistiques pour l’apprentissage des mathématiques et cela se ressent sur leur motivation et leurs performances scolaires. Issu d’un environnement plurilingue, l’enfant burkinabè arrive à l’école avec son lot de connaissances, de représentations, somme de ses expériences. Fort de ce «déjà-là», il ne doit pas être une «tête à remplir», mais plutôt à «nourrir» et à soutenir pour qu’il construise lui-même ses connaissances. Ce qui implique pour l’élève d’être placé au centre des processus d’apprentissage. Tout apprentissage comporte des difficultés et nous avons opté pour étudier celles que rencontrent les apprenants en mathématiques pour in fine proposer des pistes de solutions pour l’enseignement/apprentissage des mathématiques en dioula et en français dans les écoles bilingues. Malgré des références aux théories des situations didactiques, notre thèse ne porte pas exclusivement sur la didactique des mathématiques. L’objectif est avant tout d’ordre linguistique car la description du corpus insiste sur l’analyse des échanges verbaux pendant des séquences de mathématiques dans des classes bilingues. En effet, notre travail a eu comme support des séquences de classe filmées et transcrites selon le logiciel CLAN dans l’école bilingue de Lafiabougou «B», au Burkina Faso. Au regard de l’analyse des séquences de classe, il se dégage la nécessité pour l’enseignant de se forger une représentation du fonctionnement de l’oral et de l’écrit en L1 d’une part et l’oral et l’écrit en L2, d’autre part, en accordant de l’importance à l’oral et à l’écrit. Il doit établir des ponts entre L1 et L2 aux différents niveaux d’organisation de la séquence de mathématiques et l’une des conditions est que l’enseignant mène son activité de sorte que l’élève, face aux savoirs, construise des métaconnaissances, aussi doit-il songer à établir un rapport entre transferts d’apprentissage et métacognition. L’apprentissage d’une langue nécessite une somme d’habiletés linguistiques ; aussi, est-il important de discerner les niveaux de compétences linguistiques et de se pencher sur leurs impacts sur les apprentissages. Ce qui demande de la part des acteurs des comportements métalinguistiques axés sur la comparaison L1-L2. Une des difficultés rencontrées par l’élève se situe dans le comportement langagier des enseignants, précisément leur propension à ne pas reformuler ou faire reformuler (Noyau, 2010). Sur la base de ces analyses, nous finissons par un ensemble de préconisations sur les reformulations didactiques entre L1 et L2 pour la formation des enseignants des écoles bilingues.

  • Titre traduit

    Learning transfers and knowledge areas in Jula / French bilingual schools in Burkina Faso : mathematics in primary


  • Résumé

    Students have difficulties in using their language skills for learning mathematics and this has consequences on their motivation and academic performance. From his/her multilingual environment, the Burkinabe child comes to school with a lot of knowledge, representations, and the sum of his/her life experiences. With this " already there ", the child should not be a "head to fill," but rather a learner to "feed" and support, in order for him/her to build his/her own knowledge. This implies the need for the student to be placed at the center of the learning process. Every learning situation involves difficulties, and we opted for studying those faced by learners in mathematics, in order to finally propose possible solutions for teaching / learning mathematics in Jula and French in bilingual schools. Despite references to the theories of didactic situations, our research doesn’t relate exclusively to the teaching of mathematics. The objective is primarily linguistic, as our description of the corpus emphasizes the analysis of verbal exchanges during sequences of mathematics in bilingual classes. Our corpus included filming repeatedly a bilingual school (Lafiabougou "B" in Burkina Faso), and transcribing sequences according to the CLAN software. Given the analysis of class sequences, we conclude pointing at the need for teachers to form representations of how the oral and written L1 one hand, and oral and written L2, work. They should build bridges between L1 and L2 at different levels of organization of the sequence of mathematics. In addition, it is crucial that the teacher conducts its teaching so that the student faces knowledge and builds meta-knowledge, which means establishing relationships between learning transfer and metacognition. Learning a language requires a bulk of language skills. It is important too to distinguish the levels of development of language skills, and to consider their impact on learning. This requires to focus on metalinguistic behavior and comparing L1 and L2. The students also face difficulties related to the language behavior of teachers, particularly their tendency to repeat literally, not to restate or rephrase (Noyau, 2010). We suggest in our conclusions to focus on didactic reformulations between L1 and L2 in training teachers.