Une approche sociocritique de Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand-Céline

par Vahid Ghesmatitabrizi

Thèse de doctorat en Littératures française et francophone

Sous la direction de Dominique Carlat.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de 3La - Lettres lingusitique langues et arts depuis le 06-12-2011 .


  • Résumé

    Nous présenterons dans ce texte la démarche que nous envisageons de suivre pour aborder l’un des romans d’un écrivain parmi les plus controversés dans l’histoire de la littérature romanesque de la première moitié du XXème siècle : Voyage au bout de la nuit. L’approche que nous adopterons dans notre étude du roman de Céline sera sociocritique. Elle emprunte ses principes d’une part au structuralisme génétique de Lucien Goldmann qui considère, sous l’influence du matérialisme dialectique, le texte comme un système non pas clos et fermé mais ouvert vers d’autres systèmes extratextuels ; d’autre part à la Théorie critique élaborée par des précurseurs de l’école de Francfort, comme Adorno et Horkheimer, laquelle cherche à démontrer dans l’art un refus critique de la réalité. Cette idée nous semble correspondre à l’idée de Claude Duchet qui définit la sociocritique comme « militante » . Par ailleurs, notre approche prendra ses distances vis-à-vis de la sociologie de la littérature qui essaye de repérer une certaine vision du monde, laquelle rattache le texte et son auteur à un certain groupe social. Elle s’adonne à une traduction parfois réductrice du texte littéraire en un système philosophique ou idéologique. Or, la sociocritique « travaillant sur les textes dans leurs déterminations sociales et historiques, ne veut ni subsumer l’esthétique et la littérarité sous des fonctions sociales positives, ni fétichiser le littéraire comme étant d’une essence à part. » Restant fidèle à cette définition, nous tenterons plutôt de montrer, selon les termes de Claude Duchet, « la poétique de la socialité » du texte. Ainsi, nous nous intéresserons dans un premier temps à l’étude esthétique du roman de Céline et à sa cohérence interne pour pouvoir ensuite montrer les éventuelles contradictions entre les contextes social et idéologique et le texte. Nous réfléchissons aux questions suivantes : - Quelle signification socio-historique trouve-t-on à la base de l’écriture de Céline en particulier celle de Voyage au bout de la nuit ? - Comment les particularités de l’écriture de Céline, d’une part se marieraient avec l’esprit du sujet culturel de son écriture, d’autre part prendraient leurs distances à l’égard de la littérature romanesque contemporaine au Voyage au bout de la nuit ? Certes, toute tentative pour y répondre nécessite une constellation de réflexions corrélatives : - Au niveau linguistique, nous nous demanderons si le recours au langage familier qui répercute les expériences vécues par le moi social du personnage principal, et qui est cependant brisé par des procédés stylistiques – à titre d’exemples l’emploi du subjonctif imparfait ou le tic stylistique de Céline – ne signalerait pas une prise de distance du narrateur à l’égard de son entourage. - Nous nous interrogerons d’ailleurs pour savoir si une telle disparité stylistique ne pourrait pas refléter un clivage social chez l’auteur.


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