Les rapports entre sculpture et architecture au XXe siècle : l'artiste producteur, transformateur d'espaces.

par Pierre Tillet

Projet de thèse en Histoire de l'art

Sous la direction de Arnauld Pierre.

Thèses en préparation à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Histoire de l’art et archéologie (Paris) depuis le 08-07-2012 .


  • Résumé

    Délaissant les procédés et les conventions de la sculpture figurative, un certain nombre d’artistes du XXe siècle à aujourd’hui ont eu l’intention de modifier par leurs œuvres l’organisation de l’espace, la perception que les spectateurs en ont, leurs déplacements. Ils ont pour cela érigé des murs, des cloisons, conçu ou employé rideaux, stores, barrières, portes, grillages, modifié notre rapport au sol ou au plafond, sont intervenus au seuil du musée, du centre d’art, de la galerie ou de la salle d’exposition. Ils ont mis en cause le white cube, dessiné des labyrinthes, des passages, des décors plus ou moins théâtraux et questionné les relations entre espace et politique. Ils ont imaginé des chambres, des cellules, des espaces inaccessibles, clos, ou au contraire pénétrables, destinés à « mettre en vue » le lieu ou le spectateur. Ils ont réalisé des structures, des constructions destinées à changer le point de vue sur l’espace, les usages de l’espace, voire à déstabiliser la maîtrise perceptive du visiteur. Ces stratégies ont un point commun : à chaque fois, il n’est plus possible de maintenir la fiction de l’autonomie de l’art. Mais cette désautonomisation n’est pas synonyme d’une régression vers une soumission de la sculpture ou de l’installation vis-à-vis de l’architecture. Au contraire, elle constitue souvent une possibilité pour les artistes de développer une position critique vis-à-vis de cette dernière. Elle amène à réviser le statut traditionnel de l’artiste, qui apparaît alors comme un producteur d’espaces, expérimentés non seulement par la vue, mais aussi par le corps. Sur un autre versant, l’artiste devient semblable à un agenceur usant d’une réthorique fonctionnelle, ce qui conduit également à reconsidérer la spécificité de la sculpture et de l’installation.


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