« Rabelais, Montaigne, Ronsard, Du Bellay et les autres : classicisation et transmission du corpus seiziémiste dans l'enseignement secondaire de 1910 à 2010 »

par Marjorie Broussin

Projet de thèse en Littératures française et francophone

Sous la direction de Michele Clement.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de 3La - Lettres lingusitique langues et arts depuis le 10-10-2011 .


  • Résumé

    Partant du constat que les auteurs présents dans les manuels scolaires sont présentés comme des « classiques » et définis comme tels par leur usage dans les classes, il convient de s'interroger sur les processus qui ont amené l'institution scolaire à choisir certains auteurs du XVIe siècle comme dignes d'être enseignés dans les classes, alors même que ceux-ci ne semblent pas correspondre à l'acception esthétique du terme classique, et ce dès le début du XXe siècle. En effet, si le corpus scolaire des auteurs de la Renaissance se compose en partie d'auteurs dont l'intégration au canon ne pose pas de problèmes formels ou moraux, à l'image de Marot, Du Bellay ou Ronsard, il faut remarquer que les ouvrages scolaires ont eu plus de mal, dans la première moitié du XXe siècle, à considérer favorablement des auteurs dont les écrits se distinguaient radicalement, par le ton ou par la forme, des œuvres classiques au sens plein, envisagées comme modèles de perfection esthétique et éthique. Il en est ainsi notamment des poètes de la Pléiade et de Montaigne, et encore plus de Rabelais. C'est sur ce paradoxe apparent que l'on cherchera à comprendre comment des œuvre aussi peu classiques au sens esthétique que celle du XVIe siècle parviennent à une qualification en tant que classique grâce à leur légitimation par une instance culturelle telle que l’École. Il s'agit dès lors d'envisager ce qu'Alain Viala identifie comme un processus de « classicisation » de l'œuvre littéraire, c'est-à-dire l'ensemble des adaptations et modifications de l'œuvre permettant à l'institution de l'ériger en modèle et de la qualifier comme classique. Il convient pour ce faire d'interroger la manière dont ces textes sont présents dans les classes durant un siècle, pour cerner leurs modalités d'élévation au rang de classiques, ainsi que leur mode de lecture et de transmission. Il s'agira ainsi de chercher à saisir au plus près l'image qui se dessine de Ronsard, Du Bellay, Montaigne ou Rabelais dans le canon scolaire, et d'interroger à la fois les mécanismes collectifs et singuliers de la classicisation pour mettre en question l'homogénéité de ce corpus ainsi que les processus aboutissant à la qualification de ces auteurs comme classiques.


  • Pas de résumé disponible.