Le "Cosmopolitisme" de Valery Larbaud (1881-1957) : écrivain, critique et traducteur

par Amélie Auzoux

Projet de thèse en Littérature française

Sous la direction de Didier Alexandre.

Thèses en préparation à Sorbonne université , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) depuis le 17-07-2012 .


  • Résumé

    Le « cosmopolitisme » de Valery Larbaud est un présupposé qu’il faut aujourd’hui passer au crible d’un réexamen critique. Toute la complexité de l’ensemble de l’œuvre larbaldienne tient à son traitement des frontières géographiques, politiques, littéraires ou linguistiques. Dans quelle mesure ce dit « métis des lettres » – dont le métissage s’avérera des plus calculés – s’ouvre-t-il à l’Autre, renouvelle-t-il la représentation littéraire autant que la reproduction linguistique de l’étranger ? Quelles sont les révolutions et les réactions du cosmopolitisme larbaldien, dont les traits contradictoires réagissent à l’environnement intellectuel contemporain ? Devenu un « cliché », dans son sens le plus photographique, le cosmopolitisme larbaldien, qui n’a longtemps offert qu’un « index » de noms ou un « kaléidoscope » d’images, exige aujourd’hui une fouille complète de ses données. Substituant aux approches in vitro de l’œuvre larbaldienne prélevée sous verre et sortie de tout contexte, une analyse in vivo rendant compte du mouvement même d’une œuvre à l’intime complexité, nous souhaitons offrir une lecture intégrale, historique et critique du cosmopolitisme larbaldien. Larbaud, que la critique hagiographique a élevé au-dessus des hommes, est un homme de son temps, dont l’image figée sur papier glacé doit céder la place à un portrait mouvant des plus nuancés.

  • Titre traduit

    The "cosmopolitanism" of Valery Larbaud (1881-1957) : writer, critic and translator


  • Résumé

    Valery Larbaud’s “cosmopolitanism” is a presupposition that must now be sifted through a critical review. The complexity of Valery Larbaud’s work undeniably comes from his treatment of geographical, political, literary and linguistic borders. But to which extent can it be said that this “métis des lettres” – whose métissage still remains carefully calculated – welcomes the Other, or renews the linguistic and literary representation of the stranger? What are the revolutions or counter-revolutions of his cosmopolitanism, whose contradictory features react to contemporary intellectual environment? Larbaud’s cosmopolitanism has become a cliché in the exact photographical sense, offering nothing but an “index” of names or a “kaleidoscope” of images. I argue that it should undergo critical analysis, on the basis of a much more encompassing set of data. Substituting to in vitro approaches of Larbaud’s work taken under glass and out of context the more accurate nuance and movement of in vivo approaches, we aim at offering a thorough historical and critical reading of his work. Larbaud, whose hagiographic criticism has raised above men, is a man of his time, whose image, frozen on glossy paper, must give way to the most nuanced moving portrait.