Facteurs et perspectives de la croissance économique de la Polynésie française

par Franky Sacault

Projet de thèse en Sciences Economiques (05)

Sous la direction de Christian Montet.

Thèses en préparation à Polynésie française , dans le cadre de École doctorale du Pacifique (ED469) depuis le 23-11-2011 .


  • Résumé

    Le cadre contextuel de la recherche est posé dans un premier temps par une analyse conjoncturelle de la décennie 2000-2010, qui n’apparaît pour l’auteur que comme une partie plutôt « descriptive ». Ce premier chapitre tire néanmoins des « leçons de l’expérience » objectivées par les faits, du moins vu sous l’angle de la demande et des premières recommandations pour soutenir l’activité à court terme, réservant pour plus tard une analyse plus profonde des ressorts de la croissance. Nous aurons aussi l’occasion de montrer l’exercice courant d’une projection réalisée dans le cadre d’un DOB (Débat d’Orientation Budgétaire), qui n’a d’autres mérites que de situer de manière précise et quantifiée les impératifs d’un redressement budgétaire aux effets contrariants à celui d’une économie en panne. Cette partie « descriptive » au sens keynésien (explication par la demande) a néanmoins l’intérêt de nous introduire de plein pied dans la problématique difficile mais combien « challenging » de la recherche d’un (étroit) chemin de croissance. La recherche examinera les dernières avancées des théories de la croissance (Modèles de Ramsey-Cass-Koopmans, Diamond, Romer, …) pour trouver le chemin de croissance équilibrée, s’intéressera à leurs déterminants mais aussi aux facteurs de déséquilibre qui agissent pour engendrer des fluctuations de court-moyen terme (Business Cycles theory). Nous devons à Solow le premier modèle moderne de la croissance, mais néanmoins suffisamment outillé pour construire notre modèle permettant d’expliquer par un processus récursif, la décroissance de l’activité économique polynésienne. Elle n’évitera pas d’amener la discussion sur l’opportunité de l’intervention publique et de ses limites dans le cadre conceptuel de la Critique de Lucas et des anticipations rationnelles. Parmi d’autres aspects, l’analyse shadow-price apparaît comme une approche utile à la compréhension de la croissance polynésienne affectée par de multiples distorsions de prix, d’où l’on tire certaines recommandations (toujours provisoires) sur la structure d’activité. L’analyse des « transferts de l’ombre » de l’extérieur sur les inputs et sur les outputs conjuguée aux effets keynésiens indirects et secondaires permettra notamment de définir une rentabilité économique (ie. qui maximise l’avantage collectif) différente de la rentabilité financière. Car si les mécanismes de marché sont défaillants pour rendre les prix efficients afin que la rentabilité financière puisse guider le marché et l’allocation des capitaux, les marchés deviennent myopes et l’économie perd inutilement de la ressource dans la production des biens et services. Pour pallier à la myopie du marché, l’hypothèse est d’intégrer la rentabilité économique (ou sociale selon certains auteurs) dans l’expression de la rentabilité financière des offreurs par un autre mécanisme. Cette approche semble être notamment utile à l’évaluation économique des projets. Après avoir posé le cadre théorique formalisé et les conditions du chemin de croissance équilibrée, la recherche tentera de développer les applications concrètes de la théorie à la mise en œuvre de la politique économique. Pour ce faire, elle utilisera la méthodologie SVAR recommandé par Sims (Nobel 2011) qui consiste en une analyse des séries chronologiques des variables étudiées dont on cherche à expliquer les fluctuations de court terme (les perturbations Ut ) en les décomposant en « chocs » fondamentaux ou structurels Et (Impulse-Response Analysis). L’apport complémentaire de Sargent est d’introduire des restrictions à la matrice de variance-covariance E (Ut Ut’) = V = GG’. Ces restrictions sont les spécifications issues des théories économiques. La solution est Ut = GEt , chaque composante de Et traduisant un « choc » associé sans ambigüité à une variable économique (taux d’intérêt, inflation ou épargne, etc.) reflétant plus profondément les fondements microéconomiques dans les préférences, la technologie et d’autres facteurs de l’environnement invariants par rapport à la poli


  • Résumé

    Tique économique. Si les spécifications font intervenir des variables inobservables, nous pensons utiliser plutôt la modélisation espaces d’état ( ) au lieu de la méthode SVAR. Il s’agit de tester différentes relations théoriques pour déterminer le meilleur modèle en termes d’ajustement maximisant le critère d’information d’Akaike, ainsi que les variables clés de la matrice de transition. La puissance de la méthode tient à la possibilité d’utiliser des variables inobservables ou du moins non disponibles (appelés « variables d’état » comme par exemple les transferts « shadow-price » ou les anticipations faites par les agents économiques) dans les équations d’état qui opèrent les transitions de t à t+1 dont nous pourrions contrôler l’évolution grâce aux équations de mesure permettant de calculer récursivement leur impact sur les variables observables. L’intérêt de cette matrice réside dans la capacité de la puissance publique de « contrôler » certains facteurs qui y sont contenus, permettant d’orienter et aussi de contrôler l’évolution de l’économie sur le chemin de croissance équilibrée. Ce contrôle sera dit « optimal » s’il parvient à guider l’économie sur un cheminement qui maximise la rentabilité économique (ou sociale/ sus définie).