Apprendre le français à la Légion Étrangère pour un locuteur de langue non-latine: quelles acquisitions ? Quelle intégration ? : l’exemple des légionnaires russes et polonais

par Helena Maniakis

Projet de thèse en Sciences du langage

Sous la direction de Peter Griggs.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de 3La - Lettres lingusitique langues et arts depuis le 15-02-2012 .


  • Résumé

    Pour beaucoup de recrues de la Légion Étrangère, la finalité de l’engagement est l’acquisition d’un titre de séjour et l’insertion dans la vie civile française. Par conséquent, l’aisance en langue française constitue une condition sine qua none à une reconversion réussie. Pourtant, pour les locuteurs de langues non romanes, l’accès à la langue reste souvent problématique, malgré cinq ans passés avec le français comme langue de travail et comme langue véhiculaire. Le français, appris à la Légion, demeure-t-il une langue étrangère ou peut-il prétendre devenir une langue seconde ? De plus, quelle est la langue réellement acquise à la Légion Étrangère ? En effet, le français de la Légion est émaillé de mots empruntés à différentes langues, de mots tirés du jargon militaire, et de mots spécifiques au jargon de la Légion Étrangère. Le registre de langue est lui aussi significatif. Dès lors, on peut s’interroger sur la langue apprise par les recrues : s’agit-il du français ou d’un interlecte ? Cet interlecte est-il si provisoire que cela ? Ne devient-il pas une interlangue ? En d’autres termes, la construction de systèmes intermédiaires linguistiques et d’hybridation linguistique ne tendent-elles pas vers un processus durable, où les recrues peuvent se sentir à l’aise linguistiquement dans le cadre du régiment, et rapidement dépassées et impuissantes dans des contextes communicationnels de la vie civile ? Nous nous intéresserons particulièrement aux locuteurs russes et polonais qui n’ont jamais appris le français auparavant. Dans la formation d’une phrase en français, quels sont les transferts qu’un locuteur doit effectuer ? Quelles sont les manifestations symptomales : calques, emprunts, marques transcodiques… ?


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