Le Corbusier et le cinéma : la communication d'une oeuvre

par Véronique Boone

Projet de thèse en Architecture


Sous la direction de Richard Klein.

Thèses en préparation à Lille 3 en cotutelle avec l'ULB Faculté d'Architecture , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Villeneuve d'Ascq, Nord) , en partenariat avec Lacth (laboratoire) depuis le 01-10-2011 .


  • Résumé

    La présente étude s’intéresse à la production cinématographique et télévisée de et sur Le Corbusier lors de son vivant. Longtemps ignorée comme instrument de communication de l’architecture et de l’urbanisme, l’œuvre filmique (comme complément de la photographie et de l’édition) reste peu connue et reconnue. La thèse se construit en deux parties : une partie de catalogage de l’œuvre filmique, formant le corpus de l’étude, et une partie réflexive, qui s’interroge sur divers aspects de création et de diffusion de cette production. Un premier défi de la thèse consiste à étudier la masse d’archives relatives aux différents projets de films afin de combler le vide propre à cet aspect de la production de Le Corbusier, pour l’inclure à part entière dans sa production artistique. Le catalogue est le résultat d’une recherche transdisciplinaire qui demande une investigation dans deux, voire trois domaines de recherche : l’architecture, le cinéma et la télévision, en tenant compte des spécificités de chaque discipline. Chaque projet ou réalisation de documentaire est décrit depuis sa phase d’intention à sa réception jusqu'à sa valorisation, incluant les données techniques et les références contemporaines aux films. Ce corpus permet de mesurer l’importance de la quantité de documents cinématographiques et télévisés que Le Corbusier a pu entreprendre durant sa vie ou pour lesquels il a été sollicité. Aucun autre architecte ne semble avoir été si fréquemment sollicité, ni s’être impliqué de manière si récurrente dans de tels projets. Un deuxième travail, réflexif, traverse les modalités de la communication et de la représentation de l’architecture et de l’urbanisme de Le Corbusier par le biais du cinéma et de la télévision. De l’investigation dans les théories transdisciplinaires - de réception, de diffusion, socio-économiques, sémiotiques et rhétoriques - et leur application sur l’œuvre cinématographique et télévisée de Le Corbusier, résultent trois hypothèses : transmission, transposition et transcription. L’étude questionne dans un premier temps les mécanismes de la transmission. Par celle-ci est entendu tout mécanisme de médiation de Le Corbusier par le biais des documentaires – et par extension les interviews télévisées. En croisant les résultats du corpus avec les théories de réception, de diffusion et de marketing, des intuitions se confirment quant à l’efficacité ou l’inefficacité de certains documentaires comme outils de communication, voire de promotion. Dans un deuxième temps sont approfondis les savoirs sur le processus de création de Le Corbusier, autant sur le plan de la représentation de l’architecture, que sur le plan de la construction du discours dans les documentaires cinématographiques. Le principe de la transposition part du constat que les documents cinématographiques entretiennent des liens de proximité avec leurs contemporains photographiques. La recherche utilise les théories sémiotiques pour analyser la manière avec laquelle Le Corbusier compose avec l’imaginaire et les techniques de la photographie pour concevoir ses projets de films. La transcription concerne essentiellement l’argumentation cinématographique de Le Corbusier. Ici, l’analyse part du constat que les écrits de Le Corbusier sur le cinéma, et la pensée qui en émane, ne collent pas avec la réalité cinématographique et les nécessités d’un cinéma de communication. Sa rhétorique au cinéma est analysée en reprenant les techniques décrites par les principaux théoriciens de la rhétorique et comparée aux exemples venant des conférences et publications. Cette étude nous a permis de dégager quatre conclusions. Tout d’abord, il s’avère que la production filmique est une production créative et fonctionnelle très considérable dans l’œuvre de Le Corbusier, qui mérite d’être valorisée. Ensuite, la réception par un large public, réussie ou non, semble intimement liée aux démarches de l’architecte au niveau politique. Troisièmement, la manière dont Le Corbusier a voulu promouvoir son œuvre par le film peut être assimilée à des stratégies de marketing. Enfin, l’analyse du processus créatif des films a permis de comprendre la transversalité des médiums, et de saisir encore davantage l’importance d’une valorisation de cette œuvre filmique dans l’œuvre corbuséenne.

  • Titre traduit

    Le Corbusier and Cinema. The Communication of an "Oeuvre"


  • Résumé

    The present study focuses on the cinematographic and television production of and on Le Corbusier, realized during his lifetime. Long ignored – as opposed to photography and publishing – as an instrument of communication for architecture and urban planning, this filmic work remains little known and recognized. The thesis consists of two parts: a catalogue volume of the filmic work, forming the corpus of the study, and a reflective volume, which questions various aspects of creation and diffusion of this production. The first challenge of the thesis was to study the mass of archives relating to the various film projects in order to fill the gap of this aspect of Le Corbusier's production and to fully include it in his artistic production. The catalogue is the result of a transdisciplinary research, which required an investigation into three research domains: architecture, cinema and television, taking into account the specificities of each discipline. Each project or production of a documentary is described from the initial intention to its public reception until its valorisation today, including technical data and contemporary references to films. This volume makes it possible to measure the importance of the quantity of cinematographic and televised documents that Le Corbusier undertook during his life or for which he was solicited. No other architect has been so frequently involved in documentary projects. The second – reflective – part of the research analyses the modalities of communication and representation of Le Corbusier’s architecture and urbanism through cinema and television. By crossing transdisciplinary theories – reception, diffusion, socio-economic, semiotic and rhetorical – with Le Corbusier's cinematographic and televised work, three hypotheses result: transmission, transposition and transcription. The study begins by questioning the mechanisms of transmission. By this is understood any mechanism of mediation of Le Corbusier through the documentaries - and by extension the television interviews. Crossing the results of the corpus with the theories of reception, diffusion and marketing, builds insights into the effectiveness or inefficiency of certain documentaries as tools for communication and even promotion. In a second stage, the knowledge about Le Corbusier's creation process, both in terms of architectural representation and in terms of the construction of discourse in cinematographic documentaries, is deepened. The principle of transposition begins with the observation that cinematographic documents maintain close links with their photographic contemporaries. The research uses established semiotic theories to analyse how Le Corbusier composes with the imaginary and techniques of photography to design his film projects. The third principle, transcription, focuses on Le Corbusier's cinematographic argument. Here the analysis starts from the observation that Le Corbusier's writings on cinema and the thoughts he emanated do not stick with the cinematographic reality and the necessities of a cinema of communication. His rhetoric in the cinema is analysed by taking the techniques described by the main theorists of rhetoric and compared to the examples from conferences and publications. This research allows drawing four conclusions. First of all, it turns out that film production is a very significant creative and functional production in Le Corbusier's work, which deserves to be valued. Then, reception by a large public, successful or not, seems intimately linked to the architect's efforts at the political level. Thirdly, Le Corbusier's way of promoting his work through film can be equated with marketing strategies. Finally, the analysis of the creative process of films has made it possible to understand the transversality of mediums, and to grasp even more the importance of a valorisation of this filmic work in the work of Le Corbusier.